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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

Le transhumanisme comme controverse

Publié le 28 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans conférence

Le transhumanisme comme controverse

Le séminaire porte, pour sa troisième édition annuelle, sur les questions philosophiques et éthiques soulevées par la mouvance transhumaniste. Organisé par la Chaire « Ethique et transhumanisme » (Laboratoire ETHICS – EA 7446, Université Catholique de Lille) avec le soutien de la Région des Hauts de France, le transhumanisme y est abordé comme un objet de pensée révélateur des tensions et questions anthropologiques de fond soulevées par les développements technoscientifiques contemporains.

 

Quelques dates:

21 Mars 2018 : « Le transhumanisme comme controverse », Alberto Romele, philosophe, post-doctorant, chaire éthique et transhumanisme, laboratoire ETHICS (EA 7446), Université Catholique de Lille.

25 Avril 2018 : « Comment penser les enjeux politiques d’un environnement algorithmique ? », Thomas Berns, professeur en philosophie politique et en éthique, chercheur au Centre Perelman de philosophie du droit, Université Libre de Bruxelles.

9 mai 2018 : « Le transhumanisme est-il un humanisme ? », Gilbert Hottois, philosophe, professeur émérite de philosophie à l’Université Libre de Bruxelles .
 

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VODOU AU FÉMININ

Publié le 27 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit

VODOU AU FÉMININ

VODOU AU FÉMININ - Des mythes originels aux femmes d’aujourd’hui en Afrique de l’Ouest

EXPOSITION TEMPORAIRE De mars à octobre 2018, du mercredi au dimanche de 14H à 18H

Vernissage pour la journée internationale pour les droits des femmes

Jeudi 8 mars 2018 à partir de 19H30

Entrée libre dans la limite des places disponibles sur pré-réservation sur weezevent ou sur contact@chateau-vodou.com

Les femmes sont des actrices incontournables de l’histoire de l’Afrique de l’Ouest. Elles ont inspiré de nombreux mythes et légendes. Leur rôle a été, et reste, décisif dans le fonctionnement de la société. Dans les pays du vodou, la femme est considérée comme le vecteur de transmission de la tradition spirituelle. Elle a le rôle de mémoire et celui d’organiser la société, la famille.

Elle est également l’un des piliers de la vie religieuse et cultuelle. Les jeunes filles sont recrutées dès leur plus jeune âge pour devenir des prêtresses, chargées d’honorer les divinités vodou. D’autres femmes sont rassemblées en sociétés secrètes et chargées d’organiser les rituels et sorties de masques (grands personnages costumés).

L’histoire des guerrières du royaume du Dahomey, qui impressionna tant les européens, demeure exemplaire pour témoigner de l’importance attribuée aux femmes dans la défense du territoire. Enfin, le rôle des femmes en tant que mères est fondamental. Lors d’une naissance, c’est la maman qui se met en contact avec le bokono, le « devin », pour réaliser les rituels nécessaires à la protection du nouveau né.

Cependant, malgré des rôles très importants dans la tradition vodou, l’ambiguïté et l’ambivalence sont deux notions qui restent omniprésentes dans la représentation de la femme et la place qui lui est réellement donnée. Dans la statuaire la femme est souvent mise en valeur, transcendée. Alors que dans les récits, les contes, elle est décrite plus négativement comme destructrice, possessive et dangereuse. Elle est souvent désignée comme la source des malheurs et notamment des infortunes des hommes…

Cette ambivalence se retrouve bien entendu chez les déités féminines, dans leurs caractéristiques et leurs attributs. « Mami Wata » représente la mère nourricière, mais également les océans et leur puissance destructrice. Les « Gèlèdé » incarnent la force protectrice et créatrice de la vie et sont cependant aussi responsables de la stérilité…

Au travers de nombreuses œuvres sorties des réserves du musée, de textes, de projections, de conférences, il sera possible de découvrir les étapes de la vie d’une femme au Dahomey ainsi que les caractères et les spécificités des divinités féminines du panthéon vodou.

                                    

Adeline Beck, Commissaire de l’exposition

L’équipe :

Recherches scientifiques, rédaction des textes, partenariats, communication :

Jean-Yves Anézo, Marc et Marie Luce Arbogast, Anne Bucher, Louise Flouquet, Kéfil Houssou, Denis Leroy, Mégane Liguori.

Collaboration à la scénographie : Mireille Kintz, Sébastien Furderer

 

Tarif d’entrée exposition temporaire : 6 €

Catalogue de l’exposition en vente au musée

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Corps possibles et mondes parallèles.Que font l’anticipation et la science-fiction aux arts de la scène ?

Publié le 26 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Corps possibles et mondes parallèles.Que font l’anticipation et la science-fiction aux arts de la scène ?

Appel à communications pour une journée d’études et une publication collective

Corps possibles et mondes parallèles. Que font l’anticipation et la science-fiction aux arts de la scène ?

 

Vendredi 23 mars 2018
Université Toulouse Jean Jaurès
Organisation : Florence Fix et Flore Garcin-Marrou
LLA CREATIS (Université Toulouse Jean Jaurès)
CEREdI (Université Rouen-Normandie)

 

En envisageant différentes scènes (théâtre, danse, cirque, performance, marionnette) sans restriction d’aires géographiques ni d’époque, ce projet entend appréhender ce que l’anticipation et la science-fiction font aux arts de la scène, à la représentation des corps et à la dramaturgie.

D’une part, des corps fictionnels hybrides, augmentés (en capacités) ou soustraits (à l’espace social, aux identités genrées), des corps-machines, dupliqués, sans mémoire ou au contraire matriciels et porteurs de mémoire vive forment les mythologies de leur transformation, de leur devenir, de leur exploitation ou de leur augmentation voire de leur dépassement. D’autre part, ces corps porteurs de mondes possibles appellent la construction de récits au présent ou au futur, alternatifs, utopiques/dystopiques, uchroniques, technologiques, prospectifs, interplanétaires, post-apocalyptiques, eschatologiques… impliquant un autre rapport à l’espace et au temps : c’est à partir du futur – et non plus seulement des histoires passées – que notre présent peut être mis à distance et transformé.

Force est de constater que c’est au théâtre et par le théâtre que s’est fait connaître le récit science-fictionnel, par les adaptations, mais surtout par cette volonté des artistes, à l’orée du XXe siècle, d’inventer un nouveau corps et un nouveau théâtre, qui ne regarderait plus vers le passé pour composer des personnages et des situations exemplaires, mais bien vers un futur dont on ne sait rien et dont on a tout à imaginer. Les différentes hypothèses de « théâtre de l’avenir » (Wagner), de « théâtre du futur[1] » (Meyerhold) vont dans le sens d’un théâtre de recherche, dont le propre est de dépasser les limites spatio-temporelles de la scène et les limites physiques de l’acteur, en remplaçant ce dernier par la machine (Marinetti), des marionnettes (Craig 1905, Maeterlinck) ou par le robot (Karel Capek, RUR, 1921), poussant à un point extrême la rivalité avec l’androïde et l’anxiété face à la menace de la disparition de l’humanité.

Si les textes de théâtre d’anticipation et science-fictionnels sont rapidement supplantés par les récits filmiques, les séries télévisées et leurs codes spécifiques de représentation, ils demeurent un champ divers et peu étudié, dont il faut toutefois remarquer qu’il est aujourd’hui très vivace.

Sur fond d’emballement d’une post-modernité engagée dans une course technologique et sécuritaire, se font en effet plus aigües les questions de survie à la menace nucléaire (Edward Bond, Le Crime du XXIe siècle, 2001 ; Harald Müller, Le Radeau des morts, 2010), aux guerres bactériologiques (Pauline Sales, La Bosse, 2000), à la catastrophe écologique (conférence performée WOW ! de Frédéric Ferrer sur nos possibilités de vivre ailleurs, 2015). En abordant l’éternelle jeunesse grâce à la machine à remonter le temps (Jean-Pierre Sarrazac, Vieillir m’amuse !, 1996), la vie débarrassée de la maladie ou de la dégénérescence biologique, congédiant le deuil de l’autre (France-fantôme de Tiphaine Raffier, 2017), l’avènement d’une nouvelle forme de conscience et l’expérimentation médicale à des fins militaires (Gildas Milin, Anthropozoo, 2003) ou la coexistence fraternelle entre l’humain et le robot pris dans le vertige de l’ennui et du refus de sa servitude (Hataraku Watashi - Moi, travailleur d’Oriza Hirata, 2008), ce théâtre se constitue comme herméneutique du social et du politique, abordant les dérives scientifiques, les dilemmes éthiques, l’aliénation au travail, l’exigence de perfection, la performance transhumaniste, le contrôle du ventre des femmes… À quelles réalités augmentées font appel ces représentations ?

Or, si ces fictions sont ouvertement pessimistes quant à l’avenir de l’humain, le théâtre science-fictionnel peut aussi être farcesque et hallucinatoire (comme dans le « drame spatial » d’Hervé Blutsch, Gzion, 2010) ou adopter le comique de l’absurde dans Corps diplomatique d’Halory Goerger, produit par l’Amicale de production, où des artistes sont envoyés dans l’espace pour produire une œuvre universelle dans un mouvement créatif continu, arpentant le champ de l’art à l’infini, dans un module spatial baptisé Jean Vilar.

Mais le recours du théâtre au genre science-fictionnel ne saurait se limiter aux thématiques science-fictionnelles, le théâtre affirmant alors une ambition de précéder et d’accompagner les grands changements de société. Conjuguer le théâtre au futur vise à consacrer la scène en tant que laboratoire de nouveaux modes d’existence, en tant que lieu de tous les possibles, dans une confiance renouvelée accordée à la fiction et à ses lectures, qu’elle soit proprement humaine et convoitée par les intelligences extra-terrestres en 5.000 après JC (Rafael Spregelbrud, La Paranoïa, 2009), queer et féministe (Donna Haraway), potentielle (Aliocha Imhoff, Kantuta Quiros, Camille de Toledo, Les Potentiels du temps, Manuella éditions, 2016), réparatrice (Emilie Notéris, La Fiction réparatrice, Les Presses du réel, 2017), accélérationniste (Nick Smicek et Alex Williams, « Manifeste accélérationniste », revue Multitudes, n° 56, 20014/2), compensatoire, indécidable, jubilatoire…

Ce projet entend donc, sans exhaustivité, interroger dans leur rapport aux arts de la scène :

  • Corps augmentés ou diminués, identités queer, hybridations biologie-machine
  • Deuil, déploration, absence, mémoire des corps, catastrophe
  • Dramaturgies inter-espèces, interstellaires, quantiques
  • Fictions, contre-fictions, adaptations, narrations spéculatives
  • Théâtres prospectifs, d’anticipation, du futur, à venir
  • Écriture et lecture du futur, portraits de l’artiste en cyborg…
  • Fictions et récits hybridés de discours scientifique

Une journée d’études, organisée avec Aline Wiame (ERRAPHIS, UT2J), le 23 mars 2018 à l’Université Toulouse Jean Jaurès ouvrira les débats, en rapport avec la pièce PRLMNT 1 de Camille de Toledo, mise en scène par Christophe Bergon, programmée du 22 au 28 mars 2018 au Théâtre National de Toulouse.

http://www.tnt-cite.com/content/fr/spectacle/215/PRLMNT---Episode-I

Les chercheurs et auteurs intéressés par le projet collectif peuvent le rejoindre sans avoir participé à la journée d’études.

Les propositions d’interventions et/ou d’articles (1/2 page) accompagnées de quelques lignes de bio-bibliographie seront adressées à Florence Fix (florence.fix[@]gmail.com) et Flore Garcin-Marrou (flore.gm[@]gmail.com) le 1er mars 2018 au plus tard. Les articles, après acceptation du comité de lecture, seront à remettre le 1er juillet 2018.

 

[1] Meyerhold, Écrits sur le théâtre, T. 1, Lausanne, L’Age d’homme, [1973], 2001, p. 124.

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Vocoder & Camouflage : Tactics of Decay

Publié le 25 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans exposit, artiste

Vocoder & Camouflage : Tactics of Decay

Jonathan Uliel Saldanha
Vocoder & Camouflage : Tactics of Decay

vernissage le vendredi 02.02.2018, 18:00

03.02.2018 – 28.04.2018


L’installation Vocoder & Camouflage joue sur la notion de toxicité électrique à travers une jungle technicolor habitée par des organismes spectraux, des ruines de voix et des aperçus de lumière filtrée. Environnement immersif, une forêt suspendue, carcasse massive de débris floraux est activée par des vibrations de lumière, de son et de fumée expirés par le procédé organique de la décomposition végétale. L’amas végétal devient écran, la surface de tiges et de feuilles, le support décadent d’optimisme numérique dans un malström de voix artificielles, d’échos, de rayonnements et d’odeurs.

Vocoder & Camouflage est le dernier opus d’une recherche de longue date, menée par Jonathan Uliel Saldanha sur les acoustiques souterraines, l’inconscient collectif de la Terre et de ses machines verticales et animistes.

Pendant le festival DañsFabrik, l’installation Vocoder & Camouflage sera contaminée par deux activations intitulées « Tactics of Decay ». Ces procédures intercepteront la jungle chromatique installée à Passerelle en modulant sa toxicité intrinsèque.

Cette exposition s’inscrit dans un partenariat de production initié en 2014 avec Le Quartz, Scène nationale de Brest. Chaque année, dans le cadre du festival DañsFabrik, la scène nationale et le centre d’art contemporain questionnent ensemble les porosités et frictions entre danse contemporaine et arts visuels. Ou comment l’exposition se nourrit des pratiques chorégraphiques et vice-versa.

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De la Gnose au Transhumanisme: Depuis Jésus-Christ jusqu’à nos jours, suivi de perspectives chrétiennes pour une France renouvelée

Publié le 24 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

De la Gnose au Transhumanisme: Depuis Jésus-Christ jusqu’à nos jours, suivi de perspectives chrétiennes pour une France renouvelée

Qu’est-ce que la Gnose, le Transhumanisme et comment remédier à ces terribles maux ? Cet ouvrage essaye de répondre à ces trois questions fondamentales à travers cinq parties distinctes et complémentaires. La première retrace l’histoire de France jusqu’au 20e siècle, en insistant sur les causes de divisions engendrées par la Gnose au fil du temps, à travers des textes anciens et des témoignages historiques relatifs à certaines époques capitales. La deuxième aborde la problématique du Transhumanisme en dévoilant son véritable visage grâce à des faits contemporains en lien avec les géants du web également surnommés GAFA. La troisième apporte un éclairage nouveau, à travers des textes et contes originaux, en donnant des outils pratiques qui permettent de détecter et de comprendre les enjeux de différentes hérésies contemporaines. La quatrième propose une réflexion chrétienne approfondie sur les problématiques majeures de notre antique nation, dans l’optique de la renouveler selon les commandements de Jésus-Christ en s’appuyant également sur les recommandations des plus grands saints qui ont contribué à Son œuvre salvatrice. Enfin, la dernière partie vient compléter l’ouvrage grâce à des contes chrétiens originaux qui permettent de méditer sur les questions cruciales du Bien et du Mal ainsi que sur leurs conséquences. Le lecteur découvrira, non seulement, un ouvrage d’analyse qui essaye d’apporter, selon le dogme catholique traditionnel, des solutions concrètes aux problèmes contemporains, mais également une œuvre composée de textes méditatifs et de contes anticipatifs qui sont le fruit de cinq années de travail. L’auteur, qui travaille dans le milieu social, est informaticien spécialisé dans le domaine des logiciels libres depuis plus de quinze années.

 

Stéphane B., 2018, De la Gnose au Transhumanisme: Depuis Jésus-Christ jusqu’à nos jours, suivi de perspectives chrétiennes pour une France renouvelée, CreateSpace Independent Publishing Platform, 262 pages, 14,77 euros.

 

 

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MÉMOIRES SINGULIÈRES, MÉMOIRES PLURIELLES

Publié le 23 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans ouvrage

MÉMOIRES SINGULIÈRES, MÉMOIRES PLURIELLES

Sans mémoire, la vie n'aurait aucun sens. C'est ce que veut montrer ce livre en interrogeant tour à tour l'intelligibilité de l'univers, la plasticité du cerveau, la géométrie des formes et la singularité du vivant. En corollaire, la mémoire évolutive sous-jacente à la naissance de la pensée symbolique, les arts de la mémoire, la littérature proustienne, les souvenances divines, et enfin la mémoire augmentée et ses conséquences sur notre appréhension du monde. Cette nouvelle donne constitue le point d'achoppement des interrogations portées par les auteurs dans un esprit transdisciplinaire : il s'agit avant tout de défricher les mémoires et de ne pas opposer dataisme et plasticisme pour donner à voir, si tant est qu'elle éclose, une mémoire « posthumaine » digne de ce nom.

 

Marc-Williams Debono, 2018, Mémoires singulières, mémoires plurielles; À l'heure du dataïsme et de l'intelligence artificielle, Paris, L'Harmattan: Colloques et rencontres,  220 pages, 25.00 euros.

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Le Pixel Museum fête ses 1 an !

Publié le 22 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans evenement, exposit

Le Pixel Museum fête ses 1 an !

Pour son premier anniversaire, le musée organise un week-end, le 24 et 25 février 2018, événement avec de nombreuses animations et surprises !

- Pour petits et grands enfants le prix d'entrée sera exceptionnellement à 7€ !
- Des cadeaux pour les visiteurs.
- Venez découvrir le nouveau jeu indépendant en réalité virtuelle VR Furballs en partenariat avec le VRparc.
- Découvrez l'exposition temporaire du moment : The legend of Link, ainsi que les nouveautés 2018.

 

Pixel Museum
# Tarifs #
Adulte: 7€ au lieu de 9€
Jeune de 3 à 16 ans : 7€
Moins de 3 ans : Gratuit
Tarif spécial famille
25€ pour 2 adultes et 2 enfants
5€ par enfant supplémentaire
Groupe à partir de 15 personnes
6€ par personne
 

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Appel à contributions: Le déni de réalité

Publié le 21 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Appel à contributions: Le déni de réalité

L'équipe de la revue ¿ Interrogations ? a le plaisir de vous annoncer le lancement de son nouvel appel à contributions :


Appel à contributions N° 28 – Le déni de réalité
Numéro coordonné par Agnès Vandevelde-Rougale et Jean-Baptiste Roy


« Je sais bien, mais quand même »… Cette expression emblématique du déni, formulée par Octave Mannoni (1985 [1969]), en manifeste la dimension à la fois paradoxale et familière. Introduit par Sigmund Freud avec la psychanalyse, le déni de réalité, ou déni de perception, est un mécanisme de défense dont les travaux anthropologiques d’Octave Mannoni (1985 [1969]) puis de Donald Tuzin (1980, 1997) ont montré la dimension sociale en tant que support des croyances.

Simultanément refus et reconnaissance de ce qui, sinon, ne pourrait être refusé, le déni est un phénomène complexe, à l’articulation du psychique et du social, facteur d’aliénation et potentiel support d’émancipation. « Le phénomène de déni ne se laisse pas approcher de manière univoque » (Coste, Costey, Tangy, 2009) : « le déni contextuel […] s’apparente à des formes d’aseptisation ou d’euphémisation de la réalité qui ne sont pas le seul fait de l’idéologie ou de la contrainte, mais embrasse l’ensemble des trajectoires individuelles et s’appuie sur la logique des situations » (ibid.). Le déni renvoie au « pluralisme des mondes  » (Boullier, 2004), et le déni d’une réalité peut permettre de s’engager dans une autre – on peut par exemple penser au « déni viril du risque  » contribuant à l’investissement dans le travail (Bouffartigue, Pendariès, Bouteiller, 2010) ou encore à l’adhésion à l’idéologie managériale (Vandevelde-Rougale, 2017). Selon Frédéric Lambert, dans une société où « ce qui caractérise nos manières de croire, c’est la perméabilité des frontières entre fiction et fait, mais aussi entre l’information et la communication » (Lambert, 2013 : 82), la multiplication des situations de déni suscitées par les médiacultures [1] (Maigret et Macé, 2005) peut aussi favoriser l’esprit critique.

Cet appel à contributions de la revue ¿ Interrogations ? invite à explorer la complexité du déni de réalité. Pour ce faire, plusieurs axes, non exclusifs les uns des autres, et non exhaustifs, peuvent être envisagés :

Conceptualisations du déni

« Déni de démocratie », « déni de justice », « déni d’humanité », « déni de grossesse », « déni de droit », « déni du changement climatique », « déni des risques », « déni de la souffrance au travail », « déni de l’Holocauste », « déni de service  », « mémoire collective déniée », etc. La notion de déni recouvre une large pluralité sémantique et intéresse un grand nombre de disciplines.

Il s’agira de préciser la conception du déni selon une ou plusieurs disciplines données et de montrer sa portée heuristique. Par exemple, quelles conceptions entourent la notion et comment est-elle mobilisée et travaillée en histoire, en sociologie, en sciences politiques, pour étudier les phénomènes de négationnisme, de révisionnisme, de mémoire de l’esclavage etc. ?

Il sera aussi possible de considérer comment la notion freudienne a été prolongée dans les travaux de sciences humaines et sociales, avec par exemple le « pacte dénégatif  » (Kaës, 2009) ou encore, de préciser la notion de déni par rapport à des notions voisines, telles que le refoulement, la dénégation, la « dissonance cognitive  » (Festinger, 1957), en appui sur des situations concrètes d’exploration.

Déni et manières de croire

D’après Octave Mannoni (op. cit.), trois éléments essentiels apparaissent constitutifs de la croyance ’quand même’, celle qui persiste en dépit des perceptions : la parole de l’autorité, l’existence de non initiés et un support matériel. Si l’on suit l’approche anthropologique du déni (Mannoni, Tuzin, op. cit.), le déni de réalité est un mécanisme essentiel au support de la croyance mythique, celle-ci pouvant soutenir les institutions, qui à leur tour peuvent soutenir les croyances. Dans une organisation donnée, le déni participe également de la constitution d’un « imaginaire collectif », concept introduit dans une approche psychosociale par Florence Giust-Desprairies (2009 [2003] : 12) pour désigner « l’ensemble des éléments qui s’organisent, pour un groupe donné mais à son insu, en une unité significative ». À partir de cas concrets, il pourra s’agir de montrer comment la notion de déni de réalité contribue à la constitution d’unités significatives dans des organisations et/ou des sociétés. Il pourra également s’agir d’interroger ce qui se passe quand certains éléments de réalité ne peuvent plus être déniés.

À l’ère des « fake news  », il pourra aussi être intéressant de considérer la question suivante : comment le phénomène du déni de réalité éclaire-t-il nos manières de croire ? Sur quels supports s’appuie-t-il ?

Une troisième piste peut être de considérer l’influence du déni sur le rapport du sujet à la fiction (littéraire, cinématographique, théâtrale, ludique), à un moment de la vie d’une personne ou une époque donnés ou/et dans le temps.

Déni et action sur le réel

Le déni de réalité constitue un refus de certaines perceptions issues du réel. Qu’advient-il de celles-ci ? On pourra montrer si, et comment, le déni participe de la construction de ’réalités alternatives’, et sur quoi s’appuie ce processus. Par exemple, le déni pourrait-il aider à comprendre certains choix architecturaux ou d’aménagement ne semblant pas tenir compte de la fonction d’un bâtiment [2] ? Et le cas échéant, comment ce processus se construit-il ? Les réalités déniées ressurgissent-elles ? De quelles façons et avec quel effet ?

On pourra aussi éclairer l’apport du déni pour l’engagement dans l’action, individuelle ou collective. Par exemple, pourra être étudiée l’influence du déni de réalité comme facteur de « servitude volontaire » (La Boétie, 2008 [1576]), de violence (y compris de violence symbolique) et/ou de résistance, notamment en situation extrême, « quand nous sommes soudain catapultés dans un ensemble de conditions de vie où nos valeurs et nos mécanismes d’adaptation ne fonctionnent plus et où certains d’entre eux mettent même en danger la vie qu’ils étaient censés protéger » (Bettelheim, 1979 : 24) [3].

Par ailleurs, les mots peuvent avoir un effet sur le réel. Dans cette perspective, il sera intéressant d’étudier la polysémie et la valeur sémantique du « déni » : quel(s) sens et connotation(s) accompagnent la mobilisation du terme « déni  », par exemple dans les médias ? Quelle(s) réalité(s) le recours au mot « déni  » contribue-t-il à dessiner, avec quel effet ? Une perspective historique pourra aussi être envisagée.

Ce numéro de la revue ¿ Interrogations ? propose ainsi de montrer la richesse du déni de réalité. La pluridisciplinarité est une manière d’envisager et de préciser cette notion et sa portée, en associant différents points de vue et approches. Les contributions pourront donc émerger d’un ou plusieurs champs disciplinaires (anthropologie, histoire, sociologie, psychanalyse, psychologie, psychosociologie, sciences de l’information et de la communication, sciences de gestion, sciences politiques, sciences du langage, urbanisme, etc.). Elles devront intégrer une dimension théorique et méthodologique et s’appuyer sur différents terrains.

Références bibliographiques
Bettelheim Bruno (1979), Survivre, Paris, Robert Laffont.

Bouffartigue Paul, Pendariès Jean-René, Bouteiller Jacques (2010), « La perception des liens travail/santé. Le rôle des normes de genre et de profession », Revue française de sociologie, Vol. 51, avril-juin, pp. 247-280.

Boullier Dominique (2004), « Au-delà de la croyance : ’je sais bien mais quand même’ », Cosmopolitiques, n°6, mars [en ligne]. http://www.cosmopolitiques.com/node/305 (consulté le 21/01/2018)

Bourdieu Pierre (2001), Langage et pouvoir symbolique, Paris, Seuil.

Bruneteaux Patrick (2013), « La révélation de la zone grise dans la dénégation du passé esclavagiste : Le cas de la muséographie martiniquaise », REVUE Asylon(s), n°11, mai. [en ligne] http://www.reseau-terra.eu/article1283.html (consulté le 01/02/2018).

Coste Florent, Costey Paul, Tangy Lucie (2008), « Consentir : domination, consentement et déni », Tracés. Revue de Sciences humaines, n°14 [en ligne]. http://traces.revues.org/365 (consulté le 21/01/2018)

Cottereau Alain (1999), « Dénis de justice, dénis de réalité : remarques sur la réalité sociale et sa dénégation », dans Gruson Pascale et Dulong Renaud (dir.), L’expérience du déni, Paris, MSH, pp. 159-189.

Collard Damien (2012), « Déni du travail et tyrannie des normes. Quand les normes de service deviennent une fin en soi à la SNCF », Travail et emploi, n° 132, oct.-déc., pp. 35-48.

Farhat John, Bertrand Ogilvie (dir.) (2009 [2006]), Le déni de réalité. Autour de « Je sais bien, mais quand même… » d’Octave Mannoni et « Le Père Noël supplicié » de Claude Lévi-Strauss, Incidence 2, Paris, Le Félin.

Feynie Michel (2012), Le « as if » management. Regard sur le mal-être au travail, Lormont, Le Bord de l’Eau.

Festinger Leon (2017 [1957]), Une théorie de dissonance cognitive, Paris, Enrick B. Editions.

Freud Sigmund (2015 [1927]), « Fétichisme », dans Freud Sigmund, Œuvres complètes, vol. XVIII : 1926-1930, Paris, PUF, pp. 125-131.

Giust-Desprairies Florence (2009 [2003]), L’imaginaire collectif, Toulouse, Érès.

Kaës René (2009), Les alliances inconscientes, Paris, Dunod.

La Boétie (de) Étienne (2008 [1576]), Discours de la servitude volontaire, Paris, Gallimard.

Lambert Frédéric (2013), Je sais bien mais quand même. Essai pour une sémiotique des images et de la croyance, Le Havre, Éditions Non Standard.

Laplanche Jean, Pontalis Jean-Bertrand (2009[1967]), Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, PUF.

Maigret Éric et Macé Éric (2005), Penser les médiacultures. Nouvelles pratiques et nouvelles approches de la représentation du monde, Paris, Armand Colin.

Mannoni Octave (1985 [1969]), « Je sais bien, mais quand même », in Clefs pour l’Imaginaire ou l’Autre Scène, Paris, Seuil, Points, pp. 9-33.

Tuzin Donald (1980), The Voice of the Tambaran : Truth and Illusion in Ilahita Arapesh Religion, Berkeley, University of California Press.

Tuzin Donald (1997), The Cassowary’s Revenge : The Life and Death of Masculinity in a New Guinea Society, Chicago, University of Chicago Press.

Tuzin Donald (2009 [2006]), « Croyances paradoxales : Mannoni, Kwamwi, et la rencontre de deux esprits », Incidence 2, automne, pp. 73-88.

Vandevelde-Rougale Agnès (2017), « Words as masks : about the importance of denial in management », Issues in ethnology and anthropology, n°12, avril, pp. 71-84 [en ligne]. http://www.anthroserbia.org/Journals/Article/2081 (consulté le 22/01/18).

Vandevelde-Rougale Agnès (2018 – à paraître), « Déni de réalité », dans Vandevelde-Rougale Agnès et Fugier Pascal (dir.), Dictionnaire de sociologie clinique, Toulouse, Érès.

Modalités de soumission des articles
Les articles, rédigés aux normes de la revue, devront être envoyés jusqu’au 05 septembre 2018, aux deux adresses électroniques suivantes :

a-vandevelde@orange.fr

roy.jbaptiste@gmail.com

Ils ne devront pas dépasser 50 000 signes (notes et espaces compris) et devront être accompagnés d’un résumé et de cinq mots-clés en français et en anglais.

Les articles devront répondre aux normes de rédaction présentées à l’adresse suivante : http://www.revue-interrogations.org/Recommandations-aux-auteurs

Publication prévue du numéro : juin 2019.

 Appel à contributions permanent
La revue accueille également des articles pour ses différentes rubriques, hors appel à contributions thématique :

♦ La rubrique« Des travaux et des jours » est destinée à des articles présentant des recherches en cours dans lesquels l’auteur met l’accent sur la problématique, les hypothèses, le caractère exploratoire de sa démarche, davantage que sur l’expérimentation et les conclusions de son étude. Ces articles ne doivent pas dépasser 25 000 signes (notes et espaces compris) et être adressés à Émilie Saunier : emiliesaunier@yahoo.fr

♦ La rubrique« Fiches techniques »est destinée à des articles abordant des questions d’ordre méthodologique (sur l’entretien, la recherche documentaire, la position du chercheur dans l’enquête, etc.) ou théorique (présentant des concepts, des paradigmes, des écoles de pensée, etc.) dans une visée pédagogique. Ces articles ne doivent pas non plus dépasser 25 000 signes (notes et espaces compris) et être adressés à Agnès Vandevelde-Rougale : a-vandevelde@orange.fr

♦ La rubrique« Varia », accueille, comme son nom l’indique, des articles qui ne répondent pas aux différents appels à contributions ni aux rubriques précédentes. Ils ne doivent pas dépasser 50 000 signes (notes et espaces compris) et être adressés à Audrey Tuaillon Demésy (audrey.tuaillon-demesy@univ-fcomte.fr) ET Laurent Di Filippo (laurent@di-filippo.fr).

♦ Enfin, la dernière partie de la revue recueille des« Notes de lecture »dans lesquelles un ouvrage peut être présenté de manière synthétique mais aussi critiqué, la note pouvant ainsi constituer un coup de cœur ou, au contraire, un coup de gueule ! Elle peut aller jusqu’à 12 000 signes(notes et espaces compris) et être adressée à Florent Schepens : schepens.f@wanadoo.fr.

Par ailleurs, les auteurs peuvent nous adresser leur ouvrage pour que la revue en rédige une note de lecture à l’adresse suivante : Sébastien Haissat, UPFR Sports, 31 Chemin de l’Epitaphe – F, 25 000 Besançon. Cette proposition ne peut être prise comme un engagement contractuel de la part de la revue. Les ouvrages, qu’ils soient ou non recensés, ne seront pas retournés à leurs auteurs ou éditeurs.

Notes
[1] Ce terme s’inscrit dans la filiation des Cultural studies  ; il recouvre les cultures nées des échanges entre cultures d’élites et cultures populaires, et exerçant, via les médias, une influence sur l’opinion publique, les goûts, les valeurs.

[2] Par exemple un bâtiment destiné à accueillir des visiteurs mais dont la fragilité structurelle contraint ses administrateurs à restreindre l’accès du public.

[3] Cité dans : Tradavel Sébastien, Zawieja Philippe, Guarnieri Franck (2018 – à paraître), « Situation extrême », dans Vandevelde-Rougale Agnès et Fugier Pascal (dir.), Dictionnaire de sociologie clinique, Toulouse, Érès.

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Comment le transhumanisme concurrence les religions

Publié le 20 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans ouvrage, Ouvrage

Comment le transhumanisme concurrence les religions

LE NOUVEAU NUMÉRO- n°21

Comment le transhumanisme concurrence les religions
Après des millénaires d'entente tranquille sur le marché de l'immortalité, les religions voient débarquer avec le transhumanisme un concurrent laïc, voire païen, qui entretient sa propagande à grand renfort d'innovations techno-médicales prometteuses.

APERÇU:
Les signaux faibles
Casper Klynge, le « techplomate » danois


Les controverses
La guerre des sexes, jusqu'où ?


Les utopies
Percer le mystère des langages sous-marins

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Jeux-débats • Dépêche-toi de vivre

Publié le 20 Février 2018 par Anaïs BERNARD dans conférence, evenement

Jeux-débats • Dépêche-toi de vivre

JEUX-DÉBATS avec Les Mots du Clic

DIM 21 JANVIER / 16-18H - Construire son idéal
MER 21 FÉVRIER / 18-20H - Politique du poétique
MER 21 MARS / 18-20H - Le grand plongeon
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Stimultania revisite son outil Les Mots du Clic et propose une expérience inédite au sein de l’exposition "Dépêche-toi de vivre". 
Il y sera question de l’évasion dans des horizons inventés, de l’auto-fiction, de la mise en scène de soi et d’objets aux semblants anecdotiques à des fins introspectives. Dans une recherche du bon lieu, du bon cadre. Et faire et défaire à l’envi pour se réaliser.

La discussion est introduite par une session de jeu Les Mots du Clic qui permet d’observer les œuvres autrement et entrer doucement dans le sujet. L'expérience de jeu est suivie par un temps d'échange collectif agrémenté d'une visite thématique de l'exposition.
Ouvert à tous, sans restriction d’âge, de métier, de sexe ou de culture.

► DISCUSSION ET JEU ANIMÉS PAR : Laure Canaple, chargée des publics à Stimultania

► PAF : GRATUIT
Places limitées à 20 personnes, inscription en ligne (http://bit.ly/2D9rHPa), par mail (lesmotsduclic@stimultania.org) ou téléphone au 03 88 23 63 11.

► LIEU : Stimultania, 33 rue Kageneck, 67000 Strasbourg.

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