Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

Articles avec #appel a communications catégorie

L’attachement aux cyber-choses : logiciels sentimentaux, love-bots et séducteurs de synthèse

Publié le 16 Mars 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

L’attachement aux cyber-choses : logiciels sentimentaux, love-bots et séducteurs de synthèse

Ce colloque se propose d’étudier les enjeux et les modalités de l’attachement aux substituts affectifs numériques, c’est-à-dire de comprendre comment, en amont – au niveau des concepteurs – et en aval – au niveau des utilisateurs – les humains fabriquent du lien affectif avec des entités issues des Technologies d’Information et de Communication. Qu’il s’agisse de petit copain pour écran tactile, de personnage « à aimer » (dating sim), d’épouse holographique ou de chatbot sexualisé, ces entités feraient utilement l’objet d’analyses portant sur la façon dont elles sont mises au point, appropriées, détournées, animées, aimées ou mises à distance par leurs utilisateurs.

Dates :
15-16 juin 2017

Lieu :
Université Paris Nanterre

Responsables du colloque et de la programmation :
•    Julie Abbou (Université Paris 13)
•    Agnès Giard (Université Paris Nanterre)

Argumentaire

Alors même que l’industrie des assistants virtuels, des robots de divertissement et des jeux de simulation assure le succès croissant d’interfaces programmées pour susciter l’empathie, une Commission en robot-éthique propose au Parlement Européen (le 16 février 2017) une charte « visant à empêcher les personnes de devenir émotionnellement dépendantes de leurs robots ». Pour la rapporteuse Mady Delvaux, qui définit de façon très large le robot comme un appareil connecté, ce projet vise à limiter « les risques d’instrumentalisation par le robot » et « permettrait d’éviter que des personnes âgées, malades, handicapées, des enfants, des adolescents perturbés, …, finissent par confondre l’homme et le robot, générant alors des problèmes inédits. »

Ce colloque se propose d’étudier les enjeux et les modalités de « l’attachement aux cyber-choses » (pour paraphraser Thierry Bonnot), c’est-à-dire de comprendre comment, en amont – au niveau des concepteurs – et en aval – au niveau des utilisateurs – les humains fabriquent du lien affectif avec des entités issues des Technologies d’Information et de Communication (TIC). Qu’il s’agisse de petit copain pour écran tactile, de personnage « à aimer » (dating sim), d’épouse holographique ou de chatbot sexualisé, ces entités feraient utilement l’objet d’analyses portant sur la façon dont elles sont mises au point, appropriées, détournées, animées, aimées ou mises à distance par leurs utilisateurs. Il conviendra de replacer ces processus d’attraction et/ou de distanciation dans un contexte socio-économique, voire politique, et de s’interroger sur les stratégies qui sous-tendent la mise en circulation de ces objets qui préfigurent les « intelligences artificielles » à venir, ne serait-ce qu’en fantasme.
Une telle analyse serait susceptible d’éclairer les controverses et les débats publics actuels.

Nous proposons 4 axes de réflexion :
1. La fabrique du simulacre (Conception de l’ersatz). Comment et par qui sont programmés les robots de dialogue ou les personnages de jeu de simulation ? Sur quels modèles sont déclinées les interactions (dialogues, activités, partages) proposées au « joueur » ? Quels scripts affectifs et sexuels sont élaborés pour rendre ces simulacres attachants ? Quelles performances de genre leur fait-on jouer ?
2. La pratique de l’amour (Usages de l’ersatz). Qui sont les consommateurs et consommatrices et suivant quel parcours en viennent-ils (ou elles) à utiliser ces objets ? Quels paramétrages et scénarios sont mis au point pour rendre l’objet plus « efficace » ou, au contraire, pour en désactiver le pouvoir ? Quelles négociations économico-sexuelles sont engagées avec le simulacre ? La remise de soi réciproque est-elle possible avec un simulacre ?
3. L’estime sociale (Imaginaires de l’ersatz). Dans quels contextes l’usage des ersatz affectifs est-il respectable ou au contraire moteur d’exclusion ? Quelles stratégies sont mobilisées par les utilisateurs-ices pour refouler le stigmate qui les frappe ? Quelle identité construisent-ils collectivement pour surmonter le discrédit ? À quel régime de représentations et de pratiques collectives font-ils appel pour reconquérir une estime sociale ?
4. Les confrontations culturelles (Résistances à l’ersatz). De quels conflits culturels ou quelles stratégies d’ingérence les ersatz affectifs sont-ils les vecteurs ? Comment sont traduites les réponses que Siri donne, par exemple, à la déclaration « Je t’aime » ? Comment les utilisateurs s’ajustent-ils aux objets qui manifestent leur origine étrangère ? Quelles frontières fait-on bouger lorsqu’on interagit avec un ersatz d’importation ?

Ce colloque, organisé par le Sophiapol (EA 3932) permettra de poursuivre sur le terrain des TIC une réflexion amorcée notamment par Latour, Bonnot, Grimaud ou Bouillier concernant ce que nous enseignent les objets sur nous-même lorsque nous les désirons. Il serait également intéressant d’examiner la raison pour laquelle certains objets sont soupçonnés de mettre les utilisateurs en danger dès lors qu’ils jouent sur la corde sensible des sentiments. On se méfiera plus, en Occident, d’une voix de synthèse à la chaude tessiture que d’un bracelet connecté ou d’une carte bancaire, deux objets qui pourtant, eux aussi, sont producteurs d’informations « qui vont aller sur les réseaux, et qui vont raconter ce que nous faisons » (Bouillier). Il ne s’agit pas de disqualifier ces craintes, bien sûr, mais de les prendre en compte comme un élément supplémentaire du problème que posent les ersatz émotionnels. Le problème étant de comprendre comment s’articulent – à travers eux – le désir et le rejet de l’autre autant que le désir et  le rejet de la norme.

Modalités de participation
Cet appel est ouvert aux chercheurs en anthropologie, sociologie, linguistique, game studies ou cultural studies.
Les propositions sont à envoyer à Agnès Giard : aniesu.giard@gmail.com avant le 30 Mars 2017.
Les auteurs dont les communications seront acceptées seront avertis par mail le 15 avril.

Comité scientifique

Julie Abbou, docteure en sciences du langage, enseignante contractuelle à Paris 13.
Philippe Combessie, Professeur des universités, sociologue, Directeur du Sophiapol (EA 3932), Université Paris Nanterre.
Laurent Di Filippo, Chargé de recherche au département R&D du Studio Ernestine à Strasbourg et membre associé au Centre de recherche sur les médiations (CREM), Université de Lorraine.
Agnès Giard, anthropologue, chercheur rattaché au Sophiapol (EA 3932), Université Paris Nanterre.
Emmanuel Grimaud, anthropologue, Chargé de recherche au CNRS, LESC-UMR7186, Université Paris Nanterre.
Roberte Hamayon, Directeur d’études émérite à l’EPHE.
Marie-Anne Paveau, Professeure en sciences du langage, EA 7338 Pléiade, Université Paris 13.
Denis Vidal, Directeur de recherche à l’Institut français de recherche sur le développement (URMIS-Paris Diderot), enseignant associé à l’EHESS et au Musée du Quai Branly.
Déroulement du colloque
Le colloque sera organisé par sessions de communication de 60 à 30 minutes chacune. Un temps de discussion sera laissé libre après chaque session.

Prise en charge
Aucun financement des participant-e-s n’est prévu pour le moment.
Pour plus d’informations, écrire à aniesu.giard@gmail.com.

commentaires

La fabrication des corps au 21e siècle : Éduquer, soigner, augmenter, identifie

Publié le 13 Mars 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications

La fabrication des corps au 21e siècle : Éduquer, soigner, augmenter, identifie

Co-organisée par le laboratoire Lorrain de Sciences Sociales de l’Université de Lorraine (2L2S) et par la société d’émulation des Vosges (SEV), la deuxième édition du Festival International de Sociologie (FISO) a choisi de se saisir d’une autre importante question posée par Marcel Mauss dès 1934 et aujourd’hui remise au cœur des débats sociaux, politiques et scientifiques : celle du corps. Lieu de projection des normes et des valeurs façonnant une société dans une époque donnée, mais aussi, instrument par lequel être au monde et y agir, le corps constitue, en effet, un excellent analyseur du « social » (Bourdieu, 1980 ; Berthelot, 1988 ; Détrez, 2002 ; Fassin et Memmi, 2004). La multiplication des parutions et des manifestations scientifiques prenant le corps pour objet témoigne – s’il en était besoin – de la vitalité de la notion et de la vivacité des réflexions qu’elle suscite.


Mais la question du corps n’est pas seulement l’affaire des scientifiques. Elle est aussi celle des citoyens : le « corps est politique » comme nous l’ont tôt enseigné les mouvements féministes et il est aujourd’hui l’objet d’une dynamique de repolitisation tout à fait particulière. D’un côté, il devient un critère d’accès à des droits sociaux ou politiques fondamentaux (Fassin, 2010). Exposer son corps pour en montrer la « bonne tenue » ou les failles, en vue d’accéder à des aides sociales ou à des prestations compensant la perte d’autonomie, se soumettre à des procédures de mesure corporelle permettant d’apprécier l’âge, les états de santé psychique ou physique dans le cas des politiques migratoires contemporaines : les exemples sont légion. De l’autre, il est aussi utilisé pour défendre des visions tout à fait particulières de ce qu’est « l’humain » et de la manière dont il doit se (re)produire, se soigner, se réparer, s’améliorer ou mourir. C’est, en effet, au nom de la protection d’un corps « naturel » (dont la teneur est peu questionnée) que plusieurs mouvements sociaux, culturels et politiques agissent dans l’espace public en proposant des « bonnes manières » de concevoir et de faire naître les enfants, de recourir aux technologies de « réparation » du vivant ou à celles le faisant mourir (cf. les débats sur les nouvelles technologies de reproduction, sur l’utilisation des nanotechnologies, sur la fin de vie, etc.).


Ces débats superposent deux oppositions distinctes au cœur des réflexions que le FISO 2017 souhaite susciter : d’une part, une opposition entre un corps « naturel » et des cultures qui l’altèreraient ou le bonifieraient (par l’alimentation, les amputations, les marquages, les formes de travail, les soins, le sport, etc.) et se trouveraient hiérarchisées selon les complétions ou altérations corporelles ainsi induites ; d’autre part, une opposition entre le « corps naturel » et des « technologies » censées priver les sociétés de « repères naturels ». Or, nombre d’anthropologues et de sociologues invitent à considérer les corps humains comme inachevés (Leroi-Gourhan, 1964 ; Remotti, 2003 ; Diasio, 2012). Ils proposent de regarder les pratiques sociales qui les perfectionnent, les gouvernent et leur donnent sens (Shilling 1993 ; Turner 1995 ; Vigarello, 2004 et 2014), ainsi que celles qui les humanisent depuis la conception (que l’on pense à toutes les techniques de procréation assistée / rites de fécondité) jusque dans la mort (qui est donné pour mort : arrêt du cœur, mort cérébrale…). Les paléontologues ont, par ailleurs, montré combien la question de l’« humanisation » était indissociablement liée à celle des techniques ayant libéré la main, permis une réduction de la mâchoire (qui n’avait plus pour objet de couper, déchiqueter, broyer) et une modification de la boite crânienne engendrant la parole. Lévi-Strauss (1952) a conforté cette idée en remettant en cause la distinction entre nature et culture : toute idée de nature est culturelle puisqu’elle est une catégorisation humaine et il n’existe pas d’humains plus « naturels » ou plus « culturels » que
d’autres. Dans les années 1990, Latour (1991), Warnier (1999), Ingold (2000) ou Descola (2016 [2005]) ont également proposé de nouveaux modèles d’analyse. Les débats opposant des technologies déshumanisantes à des corps dont la naturalité vacillerait nous semblent donc à déplacer.


Une des manières de dépasser cette opposition schématique naturalité (corporelle) et artificialité (technologique) consiste à partir des techniques d’éducation, de (re)dressement, de réparation ou d’augmentation des corps de manière large – en ne les limitant pas au périmètre des nouvelles technologies biomédicales (biométrie, nanotechnologie, génétique, etc.) – mais en les inscrivant dans l’ensemble plus large des techniques et des objets à travers lesquels nous devenons et nous restons « humains ». Depuis les techniques permettant l’acquisition et la préservation de certaines habiletés corporelles (façons de marcher, de se tenir, de parler, d’interagir, de se repérer dans le temps et l’espace), jusqu’à celles nous permettant de résister à des formes de déclassement ou d’animalisation à certains moments de la vie (maladie, fin de vie, etc.), en passant par les techniques nous permettant de nous plier aux codes de civilité ou d’assumer des positions sociales et économiques, valorisées dans un contexte donné à un moment donné. Pour stimuler la réflexion, nous proposons les axes suivants mais ils ne sont aucunement exhaustifs.

 

Soumission des résumés de communications Les propositions de communication prendront la forme d’un résumé de 3000 signes maximum (espace compris) en faisant figurer le titre de la communication, vos nom et prénom, votre appartenance institutionnelle et votre adresse email. Elles sont à envoyer à fiso2017-contact@univ-lorraine.fr avant le lundi 27 mars 2017.
Le texte final de la communication, d’une longueur maximale de 35 000 signes (espace compris), devra nous parvenir au plus tard le 15 septembre 2017 (les consignes de présentation vous seront adressées avec le retour de la réponse du comité scientifique) en vue d’une publication scientifique.
Il ne sera pas possible de communiquer ni de figurer dans le programme sans s’être inscrit et sans s’être acquitté des frais d’inscription fixés à 60 € pour les personnes titulaires (enseignants-chercheurs, chercheurs, autres salariés titulaires…) et à 30 € pour les personnes non titulaires (doctorants, ATER, vacataires, chômeurs…). Ces frais couvriront une partie des dépenses liées à l’organisation du festival, dont les frais de restauration du midi qui aura lieu sur place.
Il vous sera demandé de vous inscrire sur le site du festival (http://Festival.sociologie.univ-lorraine.fr) et de renvoyer votre règlement uniquement par chèque (à l’ordre de l’Agent comptable de l’Université de Lorraine) ou bon de commande avant le 15 septembre 2017 impérativement à :


Virginie Vathelet
Université de Lorraine – 2L2S
23, boulevard Albert 1er - Campus Lettres et Sciences Humaines
BP 13397
54 015 NANCY Cedex


Calendrier

  • Projet de communication (3000 signes): 27 mars 2017
  • Réponse du comité scientifique: 22 mai 2017
  • Bulletin d’inscription + règlement à retourner: 15 septembre 2017
  • Envoi des communications (35 000 signes): 15 septembre 2017
  • Dates du colloque scientifique: 18, 19, 20 et 21 octobre 2017
  • Dates du Festival international de Sociologie: 16 au 21 octobre 2017
commentaires

Le temps du posthumain ?

Publié le 5 Février 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Le temps du posthumain ?
Journée d’étude « Le Temps du posthumain ? »
Université Paris-Diderot (Paris 7)
Salle P-Albouy, le 2 juin 2017
Date limite des propositions : 6 février 2017
 
En 1999, dans ses Règles pour le parc humain, Peter Sloterdijk écrit : « Celui qui s’interroge aujourd’hui sur l’avenir de l’humanité et les médias de l’humanisation veut au fond savoir s’il existe un espoir de juguler les tendances actuelles qu’a l’être humain à retourner à l’état sauvage. ». Ce que propose le texte de Sloterdijk, déclencheur de la question du posthumanisme en Europe, c’est une remise en question des fondements de l’humanisme classique à l’âge des biotechnologies. Celles-ci, capables d’agir sur la nature même de l’homme (par le code génétique ou la reproduction, par exemple), atténuent la frontière entre humanité et animalité, entre homme et machine, et conduisent à repenser la place de l’homme dans l’univers.
 
Si, comme le suggère Sloterdijk, on traduit « post » par « marginalement », le posthumain caractérise ce qui est devenu marginalement humain, autrement dit un état de l’homme dans lequel son humanité même est une donnée annexe. Le posthumain est un phénomène qui correspond à l’invasion de la marchandise et à son interférence dans le rapport que l’homme entretient avec la réalité. C’est au moment où ce rapport souffre d’une telle médiatisation qu’il entraîne une remise en cause de l’humanité elle-même. Le point de départ du posthumain est donc un constat de la fin, pas forcément sous forme apocalyptique et de lamento nostalgique et réactionnaire. C’est un effondrement beaucoup plus insidieux et apparemment indolore, qui s’insinue au sein des mentalités et fait que les hommes eux-mêmes intègrent leur propre anéantissement.
 
Il est possible d’identifier deux tendances dans le posthumanisme : une première, proche du transhumanisme, qui parle d’une certaine amélioration de l’être humain par sa transformation biophysique ; et une autre qui postule l’éventuelle autonomie des créations humaines comme les robots ou bien l’intelligence artificielle. Les paris sur l’avenir posthumain ont en commun un environnement où l’hyperconsommation et l’énorme puissance des médias sont les signes les plus clairs de la civilisation, tandis qu’en même temps l’homme voit sa vie réduite à la représentation d’une fonction attribuée sans aucune possibilité d’individualité, dans une énorme solitude. Mais plus largement, la question posée par le posthumanisme pourrait être : dans quelle mesure l’autre, produit par l’homme, lui permet-il de se comprendre lui-même ? Et dès lors, à quoi se réduit l’humanité ?
 
Au-delà d’une très riche tradition de science-fiction, il existe de nombreux artistes, réalisateurs et écrivains concernés par le sujet posthumain. Dans les arts plastiques, citons les artistes australiens Stelarc et Patricia Piccinini, le bio-artiste brésilien Eduardo Kac, le Tissue Culture & Art Projet, les Français Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin, l’Américain Mark Pauline. Dans le cinéma, la liste peut s’étendre de Fritz Lang, Metropolis (1927) à Spike Jonze, I’m Here (2010) et Her (2013), ou Shane Carruth avec Upstream Colors (2013), en passant par l’œuvre de David Cronenberg : Videodrome (1983), The Fly (1986), The Naked Lunch (1991), EXistenZ (1999), dont le personnage Allegra Geller, la plus célèbre conceptrice de jeux vidéo, affirme : « The world of games is in a kind of a trance. People are programmed to accept so little, but the possibilities are so great. ». Parmi d’autres, ajoutons les frères Wachowski, Brandon Cronenberg, Paul Verhoeven, Stanley Kubrick, Shinya Tsukamoto. Dans la littérature, des exemples sont donnés par Brave New World (1931) d’Aldous Huxley, 1984 (1949) de George Orwell et plus récemment Les Racines du mal (1995) ou Villa Vortex (2003) de Maurice Dantec, les deux trilogies de William Gibson, ainsi que Michel Houellebecq avec Les particules élémentaires (1998) et La Possibilité d’une île (2005).
 
Le posthumain existe, il est déjà parmi nous, il est essentiellement présent dans le questionnement qui redéfinit les contours d’une humanité. La journée d’étude « Le Temps du posthumain » se veut une journée d’échanges et de débats autour du posthumanisme et de ses manifestations contemporaines. Envisageant le posthumanisme comme un problème esthétique, philosophique, politique ou anthropologique, cette journée d’étude souhaite en explorer ses manifestations dans les arts visuels, la littérature, le cinéma, les jeux vidéo, etc. Quels sont les facteurs qui peuvent être évoqués pour expliquer le développement du posthumanisme ces dernières années ? À travers le constat d’une forte présence de la notion de posthumanisme dans les arts et la littérature, peut-on dire que nous sommes entrés dans une ère du posthumain ?
 
Modalités 
Les propositions de participation à la journée d’étude devront nous parvenir sous forme d’une problématique résumée (5000 signes maximum, espaces et notes compris) avant le 6 février 2017, par courriel à maudgrangerremy@gmail.com, emeline.jaret@gmail.com et carlosetello@gmail.com. Pour ceux qui auront été retenus, le texte des interventions sera à faire parvenir avant le 22 mai 2017 (40000 signes, espaces et notes compris). Les communications ne dépasseront pas 30 minutes. La journée d’étude aura lieu le vendredi 2 juin 2017, salle P-Albouy, à l’université Paris-Diderot – Paris 7.
 
Comité d’organisation 
Maud Granger Remy (docteure de l’université Sorbonne-Nouvelle – Paris 3 et de la New York University),
Émeline Jaret (doctorante à l’université Paris-Sorbonne –Paris IV)
Carlos Tello (doctorant à l’université Paris-Diderot – Paris 7)
commentaires

Immersion: en/jeux

Publié le 31 Janvier 2017 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Immersion: en/jeux

Appel à communication: « Immersion: en/jeux »
Journée d’étude organisée par les étudiantes et les étudiants de la concentration jeux vidéo et ludification de la Maîtrise en communication (UQAM)
Journée d'études : Immersion: en/jeux, le 19 mai 2017, à l'Université du Québec à Montréal (Québec, Canada)
 
Alors que les compagnies de jeux vidéo se targuent de plus en plus fréquemment de produire des jeux « immersifs », la notion d’immersion semble devenir un argument de vente de taille, méritant toutefois d’être questionné et employé de manière plus rigoureuse. En effet, l’immersion est un phénomène complexe, défini et redéfini par de nombreux théoriciens et théoriciennes issus de divers domaines (Brown et Cairns, 2004; Ermi et Mayra, 2005; Arsenault et Picard, 2008; Calleja, 2011, Therrien, 2013, etc.). La notion d’immersion demeure aujourd’hui fortement polysémique, teintée des différents champs d’études dans lesquels elle a été abordée.

Particulièrement importante dans les études littéraires et cinématographiques, l’immersion prend soudain un sens nouveau avec l’arrivée des médias interactifs, et plus particulièrement des jeux vidéo, qui amènent à repenser et à revoir la relation entre le monde fictionnel et le joueur. La particularité des productions vidéoludiques est d’avoir la capacité d’offrir à l’individu une expérience immersive à différents niveaux. Que ce soit sur le plan narratif, esthétique ou au niveau de la jouabilité et de la socialisation, l’immersion se manifeste de multiples façons et requiert une réflexion profonde sur les facteurs qui la déclenchent , ainsi que sur ses effets sur l’expérience vidéoludique globale vécue par un joueur et le processus même de production de jeux.

Depuis une dizaine d’années, avec l’émergence des études sur le jeu, plusieurs chercheurs s’interrogent, d’une part, sur la définition même de cette notion (Calleja, 2011; Therrien, 2013, 2014, etc.) et, d’autre part, sur les processus qu’implique cette dernière ainsi que ses répercussions chez les individus (Therrien, 2013, 2014; Csikszentmihalyi, 1990). Parmi ces recherches, on retrouve notamment le concept de continuum d’engagement-immersion de Brown et Cairns (2004) qui fait état des différents degrés d’immersion que peut atteindre un joueur : l’engagement, l’absorption et l’immersion totale . Avec sa notion de flow, Csikszentmihalyi contribue également aux réflexions en explorant le rôle des émotions positives et de la motivation sur le sentiment d’immersion (1990). Par ailleurs, certains chercheurs établissent d’emblée l’existence de différents types d’immersion (Ryan, 2001; Ermi et Mayra, 2005; Therrien 2014; Calleja, 2011), soit l’immersion « fictionnelle » ou « imaginative », l’immersion « sensorielle » (que certains qualifieraient de « présence ») et l’immersion « systémique » (basée sur le défi) (Arsenault et Picard, 2008).

Ainsi, l’existence de ces recherches et travaux sur l’immersion témoigne d’une certaine effervescence autour de cette notion, et ce particulièrement avec l’arrivée des technologies reliées à la réalité virtuelle. Ainsi, en plus d’offrir plusieurs visions du concept de l’immersion, les jeux vidéo nous amènent également à nous questionner sur le rapport qu’entretient le joueur avec le « réel ». En effet, les frontières entre le jeu et le monde hors-jeu semblent s’effriter lorsque l’un se superpose à l’autre (réalité augmentée). Sur la base de cette mise en contexte, les participantes et les participants à cette journée d’étude sont invité-e-s à réfléchir aux questionnements suivants, énoncés à titre indicatif et sans être exhaustifs :

  •  Aux postures éthiques, méthodologiques et épistémologiques liées à ce concept;
  •  Aux définitions que l’on peut attribuer au terme immersion;
  • Aux éléments constitutifs d’une expérience immersive;
  • Aux enjeux immersifs de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée;
  • Aux rôles du design de jeu dans l’immersion;
  • À l’utilisation de l’argument « immersion » dans l’industrie du jeu et le marketing des technologies et des jeux vidéo;
  • Aux nouveaux rôles de la biométrie et de l’analyse des données massives (en temps réel) dans le déploiement des stratégies d’immersion;
  • Aux nouvelles formes d’immersion ludique et à leurs frontières avec celles d’autres médias.

 
CONFÉRENCIÈRE INVITÉE
Fanny Barnabé, Ph.D
Université de Liège (Belgique)
Laboratoire Jeux et mondes virtuels
 
CALENDRIER
5 décembre 2016 : envoi de l’appel à communication
3 février 2017 : date limite de réception des propositions de communication (environ 500 mots)
24 février 2017 : notification aux auteur-e-s
19 mai 2017 : journée d’étude
 
Veuillez envoyer vos propositions à la responsable de l’événement, Maude Bonenfant, à l’adresse suivante: bonenfant.maude@uqam.ca
 
COMITÉ ORGANISATEUR
Jean-Nicolas Bédard
Maude Bonenfant
Alexane Couturier
Alexandra Dumont
Mathieu Fournier
Mathilde Savoie
Sophie Thériault
Gabrielle Trépanier-Jobin

commentaires

Immersion

Publié le 29 Septembre 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Immersion

RÉSUMÉ

Le dossier thématique du n°3 de la revue Études digitales est consacré à l'immersion. L’immersion dans une réalité virtuelle (VR), quel que soit le dispositif utilisé, a pour premier effet d’interroger le rapport que nous entretenons avec ce que nous désignons ordinairement comme « le réel ».

 

ANNONCE

Études digitales n° 3 : Immersion

Le n°1 de la revue dont le dossier thématique est intitulé « Le texte à venir » paraît ce mois de septembre 2016 chez Classiques Garnier. Nous proposons pour le n°3 la thématique suivante :

 

Argumentaire

L’immersion dans une réalité virtuelle (VR), quel que soit le dispositif utilisé, a pour premier effet d’interroger le rapport que nous entretenons avec ce que nous désignons ordinairement comme « le réel ». Quel est en effet le statut de cette réalité « seconde » qui vient se superposer, voire se substituer à une réalité « première » ? S’agit-il d’une simple illusion, d’une « fiction », ou d’un nouveau milieu de vie que nous expérimentons ? Les technologies digitales ne font-elles que développer notre capacité illusionniste de simulation du réel ou nous introduisent-elles dans une dimension nouvelle de la réalité calculée qui participerait de l’artificialisation croissante de la vie et l’expérience humaine ?

La notion d’immersion suppose la plongée dans un environnement différent, mais le seuil immersif est-il toujours perceptible ? Avons-nous la possibilité de nous immerger dans une réalité de substitution - et aussi d’en sortir - ou ne sommes-nous pas déjà totalement pris dans un environnement entièrement artificialisé qui finit par se naturaliser ?

La nouveauté des outils digitaux de VR tient au fait qu’ils ne sont pas simplement spéculaires : ils rendent possible des interactions qui font qu’à l’illusion du spectacle s’ajoute la possibilité d’y agir et interagir. L’illusion est alors dynamique et elle finit par constituer, comme dans les jeux vidéo, un véritable environnement au fort pouvoir de captation qui finit par « faire monde ».

En effet, il ne faut pas limiter le sentiment d’immersion aux simples prouesses techniques. L’immersion suppose également une forme d’acceptation. Un dispositif peut s’avérer doté d’un potentiel immersif plus grand qu’un autre plus sophistiqué techniquement s’il est capable de produire le sentiment immersif. De ce point de vue, les technologies digitales doivent se trouver dotées d’une puissance mythologique sans laquelle elles demeurent inopérantes. Une approche élargie de l’immersion doit aussi prendre en compte cette dimension d’attirance très forte pour le flux immersif qui à la fois socialise et désocialise en produisant un nouvel espace de croyance et d’appartenance, au risque de l’addiction et de la radicalisation.

 

Orientations du dossier
L’étude des environnements immersifs.
Les conditions de l’entrée et de la sortie dans les dispositifs.
Les capacités d’interaction au sein des dispositifs, la possibilité de simulation et de modélisation.
La capacité d’y développer des récits et d’y produire des mondes.
Les phénomènes de captation de l’attention, voire de l’enfermement.
La dimension mythologique et les modèles narratifs qui s’y développent.
La fonction du spectateur-acteur et les modes de sociabilité qui s’y développent.
La création de réseaux et de sous cultures.
La gamification de la culture et de l’apprentissage par immersion.


Modalités de soumission
Les articles seront envoyés à etudesdigitales@gmail.com

pour le 15 février 2017

accompagnés d’une courte biographie et d’un résumé.

 

Vous pouvez nous contacter avant cette date pour nous informer de votre projet d’article.

Les articles font entre 25000 et 40000 signes espaces comprises. Les références sont indiquées par des notes de bas de page. Les articles sont soumis à notre comité scientifique pour une lecture en double aveugle. La revue est publiée chez Classiques Garnier.

 

Directeurs de la revue
Franck Cormerais et Jacques Athanase Gilbert.

franck.cormerais@u-bordeaux-montaigne.fr

jacques.gilbert@univ-nantes.fr

 

Comité éditorial
Catellin Sylvie (Université Versailles Saint-Quentin)
Nicole Dewandre (adviser, UE)
Khatchatourov Armen (Telecom EM Paris)
Komur Greta (Université de Haute-Alsace)
Lefevre Anne (École Supérieure d’Architecture de Saint Etienne)
Olivier Le Deuff (Université de Bordeaux-Montaigne)
Loty Laurent (Paris IV, CNRS)
Antonioli Manola (ENSA Dijon)
Daphné vignon (Université de Nantes)
Marechaux Pierre (Université de Nantes)
Noyer Jean-Max (Université de Nice)
Vincent Puig ( IRI, Centre Pompidou)
Rey Olivier (CNRS)
Rousseaux Francis (Université de Reims/IRCAM)
Vitali-Rosati Marcello (Université de Montréal) –


Comité scientifique
Bachimont Bruno (Université de Compiègne) 
Béraud Philippe (Télécom Bretagne)
Bouchardon Serge (Université de Compiègne)
Catellin Sylvie (Université Versailles Saint-Quentin)
Carayol Valérie (Bordeaux-Montaigne)
Chantepie Philippe, inspecteur (Ministère de la  culture)
Chapelain Brigitte (Université Paris Nord)
Clivaz Claire (Université de Lausanne)
Bonnet Gilles (Université de Lyon 3)
Giffard Alain, (administrateur civil, Fondateur de Gallica)
Ertzscheid Olivier (Université de Nantes)
Fourmentraux Jean-Paul (Université Aix-Marseille)
Galinon-Ménélec Béatrice (Université du Havre)
Gefen Alexandre (Paris IV)
Ishida Hidetaka (Université Todaï, Tokyo)
Jauréguiberry Francis (Université de Pau, CNRS)
Kerouanton Jean-Louis (Université de Nantes)
Lakel Amar (Université Bordeaux-Montaigne)
Lescop Laurent (ENSA Nantes)
Mialet Hélène (Université de Californie, Berkeley)
Moore Gerald (Durham University)
Musso Pierre (Rennes2/ParisTech)
Peschanski Denis (CNRS, Paris 1 Sorbonne)
Prié Yannick (Université de Nantes)
Proulx Serge (UQAM Montréal)
Romele Alberto (Université de Porto)
Sack Warren,Université de Californie, Santa Cruz
Stiegler Bernard (Université de Londres/Goldsmith)
Nobert Hillaire (Université de Nice).


CATÉGORIES

Pensée (Catégorie principale)
Esprit et Langage > Information > Sciences de l'information
Esprit et Langage > Représentations > Histoire culturelle
Esprit et Langage > Langage > Littératures
Esprit et Langage > Langage
Esprit et Langage > Représentations > Études visuelles
Esprit et Langage > Information
Esprit et Langage > Représentations


DATES

mercredi 15 février 2017


MOTS-CLÉS

immersion, réalité, VR, récit, artifice, adhésion, captation, dispositif


CONTACTS

Jacques Athanase Gilbert
courriel : jacques [dot] gilbert [at] univ-nantes [dot] fr

 

 

SOURCE DE L'INFORMATION

Jacques Athanase Gilbert
courriel : jacques [dot] gilbert [at] univ-nantes [dot] fr

 

commentaires

Excentricités

Publié le 22 Septembre 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Excentricités

RÉSUMÉ

Ce colloque invite doctorants, jeunes chercheurs et enseignants-chercheurs de différents horizons disciplinaires à mettre en question le monde actuel à l’aune de la notion d’« excentricités », qui renvoie de prime abord à l’idée d’écart ou de marge : les « excentricités » sont ce qui déroge à une règle en se situant ou en étant situées à la périphérie d’un centre ou d’un cœur. Donner une place à des formes décentrées, à des phénomènes subversifs d’étrangetés, à des pratiques s’adonnant au décalage et au second degré nous paraît urgent à l’heure où des processus de normalisation se généralisent. Pourront ainsi être analysés récits, créations et expériences dans le champ de l’art et du design, imaginaires socio-discursifs, enjeux liés au décentrement d'un texte en traductologie et manifestations politiques marqués par leur aspect décalé, qui travaillent le monde contemporain.

 

Argumentaire

Le projet transversal que nous souhaitons élaborer se propose de mettre en question le monde actuel par le prisme de ses excentricités, dans une dimension interdisciplinaire.

Importante nous semble effectivement l’analyse de la contemporanéité à l’aune d’une telle notion qui renvoie, en premier lieu, à l’idée d’écarts : les excentricités sont ce qui déroge à une règle, à une norme ou à un nome en se plaçant ou en étant placées à la périphérie d’un centre ou d’un cœur. Pourquoi éclairer le présent par ce terme qui relèverait de formes d’altérités marquées par leur aspect décalé, fantasque voire fantaisiste ? Leur donner la parole nous paraît urgent à l’heure où, suffocants, des processus de normalisation se généralisent. Suscités par de multiples tensions liées à une contemporanéité étourdissante, susceptible de donner le vertige, des crispations se cristallisent autour de manifestations transgressives dans la volonté de mettre au ban, voire d’annihiler ce qui tient d’une part interdite, non-dite voire maudite. Les discours excentriques ne sont-ils pas ceux qui n’ont pas droit au chapitre ? Ne font-ils pas l’objet d’un processus de marginalisation ou de délégitimation, précisément parce qu’ils sont minoritaires ? C’est donc dans la perspective de donner toute leur place à des phénomènes subversifs d’étrangetés, à des pratiques s’adonnant au décalage et au second degré que nous avons voulu créer cette initiative. Elle souhaiterait effectivement inviter des Chercheurs de tous horizons disciplinaires à s’approprier ces excentricités, à travers leur éclairage respectif. Pourront ainsi être mis en question des récits, des arts et des arts de faire, des pratiques, des représentations symboliques et des imaginaires collectifs caractérisés par leur « excentricité », qui travaillent le monde contemporain et par lequel ils sont susceptibles de se laisser travailler.

Mais quelles définitions ce terme peut-il recouvrir ?

Il est possible d’envisager la notion d’« excentricités » à travers les propositions suivantes, qui ne se veulent pas exhaustives :

Les excentricités suggèrent une mise en cause, voire une indiscipline ou une révolte contre une norme instituée. Convoquant l’idée de décentrement, l’excentricité se démarque d’un ordre, d’un système de règles établies, dans un processus d’écarts décalés et dérangés, à la limite d’une marge. Les excentricités peuvent être analysées à l’aune de représentations socio-discursives et d’imaginaires collectifs singuliers : quelles pratiques, quels arts de faire actuels feraient montre de « bizarreries » dans le refus parfois démesuré, tapageur et excessif de se plier à l’orthodoxie de prescriptions institutionnelles et politiques ? Sous quelles formes notamment militantes sont-elles susceptibles de se manifester ? En vue de résister à certaines violences, visibles et invisibles, nécessitent-elles elles-mêmes des expressions et des actes de violence ? Cette violence n’est-elle alors source que de négation destructrice ; cet en-trop ne peut-il donner lieu à des formes de (re)créations ? Mais ces formes d’excentricités, ces manifestations de troubles à l’ordre public sont-elles susceptibles de trouver une place hors des institutions ? Ne sont-elles pas sitôt survenues immédiatement absorbées, devenant ainsi des normes au sein de l’appareil social ? Aussi l’excentricité pourrait-elle tendre vers l’extravagance, dans un phénomène de transgression véritable proprement acentrique, qui n’admettrait plus de centre par rapport auquel il s’agirait de se démarquer ? Dans cette perspective, on pourra s’interroger sur l’émergence de formes, de figures contemporaines de dérèglement, voire de dérégulation, à travers une dimension politique, philosophique, sociologique et anthropologique.

Les arts contemporains suscitent en outre des interrogations portant sur les productions qu’ils mettent en œuvre, mais aussi sur les expériences esthétiques qu’ils donnent à vivre : quelles représentations de l’humain et du monde dans lequel il est compris, actuelles voire prospectives, les artistes nous donnent-ils à voir et à penser sous un prisme excentrique ? Des images d’un corps étranges (re)feraient leur apparition. Le succès que rencontrent actuellement de telles représentations artistiques d’homme « mutant », « augmenté », en un mot « hybride » peut aussi nous interroger : que peut-on dire de la prééminence de telles figures ? Les artistes ont-ils la possibilité, et s’octroient-ils de surcroît la possibilité de créer des œuvres douées d’extravagance, dans le contexte politique de tensions actuel ? Quelles difficultés la mise en circulation d’œuvres subversives si tant est qu’elles existent rencontre-t-elle, et quelles formes d’appropriation émergent de cette transmission dans l’espace public ?

De multiples réalisations artistiques et médiatiques pourraient être interrogées, à l’aune d’une perspective narratologique ou sémiotique : plusieurs productions cinématographiques, romans, bandes-dessinées, séries télévisées et jeux vidéo contemporains sont susceptibles de présenter des formes narratives singulières qui convoquent, formellement, l’idée de « discordance » ou de « montage » en n’ayant nul début, nul milieu, nulle fin ; mais qui pourraient également être analysées à travers des phénomènes de démultiplication de la parole « polyphonique » ou des points de vue, « polyfocalisés », dans un phénomène de décentrement qui mettrait en question l’idée de cœur.

Le langage, dans la disparation de sa chaîne d’articulation voire de désarticulation, aura évidemment toute sa place : interdit voire maudit, il pourrait faire l’objet d’analyses linguistiques interrogeant ses bizarreries, ses phénomènes d’écarts. Dans cette perspective, des éclairages psychanalytiques portant sur des formes d’étrangeté radicale seraient intéressantes, dans une compréhension du verbe comme symptôme, comme révélateur et comme vecteur de la folie, du fantasque, de l’extravagance.

Pourrait en outre être envisagée une topologie de l’excentricité : celle-ci pourrait en effet donner lieu à des réflexions géographiques, géopolitiques voire géopoïétiques portant sur le monde contemporain, « créolisé », parcouru d’une myriade de flux qui s’entretissent à travers des phénomènes de gravitation centrifuge, à un rythme effréné. Dans cette perspective, pourraient aussi être mises en problématique des pratiques et des représentations occidentalo-centrées, dans une ouverture vers les études postcoloniales. L’espace urbain, « ex-centrique », pourrait également être analysé non seulement dans une mise en question de la dialectique entre centralité et périphéries, mais aussi dans les pratiques « émargentes » qui sont les siennes, à travers une forme d’excentri-cité. Dans le champ de la traductologie, le décentrement du texte pose la question de la référentialité du fait culturel en convoquant les notions de transfert, d’exil, de décentrement et de déplacement d’une culture d’origine vers une culture-cible, vers un ailleurs. De plus, la traduction s’inscrit inévitablement dans les enjeux des transferts de pouvoir à l’échelle mondiale, entre langues-cultures centrales ou majeures, et langues-cultures périphériques ou mineures. La notion de dé-centrement s’applique également à la philosophie de la traduction : le traducteur littéraire est-il un auteur (second) ? Une traduction ne serait-elle jamais qu’une pâle copie de l’original ? Enfin, accueillir l’étrangeté de l’original dans la langue cible est une poétique de la traduction que des auteurs-traducteurs pratiquent comme impulsion régénératrice unique pour une tradition littéraire, re-centrant et redéfinissant les normes linguistiques et littéraires.

L’on pourra enfin se demander si l’époque que nous vivons n'entrerait pas en résonance avec des époques antérieures - en tenant compte de leur complexité respective -, à travers la résurgence de figures, de représentations et de formes excentriques qui feraient écho au passé.

 

Plusieurs axes peuvent ainsi être envisagés :

  • Politique de l’excentricité Normes et anormalités. Excentricités politiques et sociales. Représentation de l’altérité vis-à-vis de standards, de règles, de lois. Manifestations subversives. Excentricités et institutions. Excentricités entre créations et reviviscence.
  • Narration de l’excentricité La mise en récit de l’excentrique, de l’extravagant, du fantasque. Langage de l’excentrique. Démultiplication de la parole narrative.
  • Les excentricités dans les arts Création, mise en circulation et appropriation d’arts décalés.

Topologie de l’excentricité Créolisation et transculturalité. La notion de décentrement en traductologie. Pratiquer l’espace « lisse ». Centralités et périphéries urbaines.​​

 

Modalités de soumission

Les propositions, d’une page environ, devront être envoyées aux adresses suivantes :

helene.crombet@gmail.com ;
charlottecmblanchard@gmail.com ;
arnaud.alessandrin@gmail.com

avant le 31 octobre.

 

Date et lieu
Le Colloque se tiendra les 12 et 13 avril 2017 à l’Université Bordeaux Montaigne – Salle des Thèses, Maison de la Recherche – Domaine Universitaire (33607 PESSAC)

 

Comité scientifique
Véronique Béghain (Professeur en Littératures et Arts Américains et Traductologie, Université Bordeaux Montaigne),
Rachele Borghi (Maître de Conférences en Géographie, Université Paris-Sorbonne),
Cécile Croce (Maître de Conférences HDR en Esthétique de l’Art, Université Bordeaux Montaigne),
Jean-Michel Devésa (Professeur en Littérature française et en français des XXe  et XXIe s., Université de Limoges),
Olivier Douville (Maître de Conférences des Universités, Laboratoire CRPMS, Université Paris Diderot),
Jean-Paul Engélibert (Professeur en Littérature Comparée, Université Bordeaux Montaigne),
Nathalie Jaëck (Professeur en Littérature Britannique, Université Bordeaux Montaigne),
Philippe Liotard (Maître de Conférences en Sociologie, Université Lyon I),
Isabelle Poulin (Professeur en Littérature Comparée, Université Bordeaux Montaigne),
Marielle Toulze (Maître de Conférences en Anthropologie de la Communication, Université de Saint-Etienne).


Comité d’organisation
Hélène Crombet,
Patrick Baudry,
Arnaud Alessandrin,
Charlotte Blanchard,
Jean-Michel Devésa,
Julie Gay.

 

commentaires

La science-fiction : entre science et fiction, trait d’union ou espace d’exclusion ?

Publié le 11 Juillet 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

La science-fiction : entre science et fiction, trait d’union ou espace d’exclusion ?

Journées d’études les 14 et 15 novembre 2016
Université de Tunis
L’Institut Supérieur des Etudes Appliquées en Humanités de Zaghouan
Organise deux journées études sous le thème :
« La science-fiction : entre science et fiction, trait d’union ou espace d’exclusion ? »
 
Dès sa naissance aux Etats Unis en 1927, la littérature de science-fiction a fait l’objet de nombreuses controverses. Le trait d’union entre science et fiction relie deux cultures différentes qui tendent à s’exclure l’une l’autre. Les scientifiques autant que les littéraires considèrent qu’il s’agit d’un terme contradictoire. Selon le scientifique Robert Debré "la science est une chose, la fiction en est une autre. Le mélange des deux donne quelque chose d’absurde et d’insupportable". De son côté Michel Tournier, membre de l’Académie Goncourt, pense que la science et la fiction " se font l’un à l’autre une guerre inexplicable qui condamne le produit de leurs amours malheureuses à n’être qu’un avorton minable".
Ce genre de prise de positions contribue largement à fausser la nature des rapports que la fiction entretient avec la science dans la littérature de science-fiction qui est plutôt un lieu de rencontre singulier entre deux champs du savoir. De nombreux écrivains ont développé dans leurs romans de nouvelles technologies qui ont intéressé beaucoup de scientifiques. D’un autre côté cette littérature permet de réfléchir sur un certain scientisme en dénonçant les excès d’un progrès matériel qui aliène l’Homme et menace l’écosystème.


Nous proposons les axes suivants :


Axe I - l’imaginaire scientifique : Au seuil du XXe siècle et avec l’explosion des sciences et des découvertes, la science-fiction a apporté une innovation majeure quant aux techniques de propulsion, facteur critique essentiel de toute expédition spatiale.
L`Agence spatiale européenne a mandaté la Maison  d`Ailleurs à Yverdon4 pour recenser les nouvelles technologies imaginées dans la littérature de SF afin de trouver des idées qui pourraient servir et inspirer la recherche spatiale. En 2001, elle a fait appel à un groupe de chercheurs afin d’étudier les nouvelles technologies développées par des auteurs d’anticipation ayant pour but d’en extraire "un choix d’innovation imaginaire touchant au domaine de l’astronautique et aux techniques associées à la conquête spatiale" (Le projet ITSF, 2001). En Octobre 2002, l’agence a réuni, dans un dossier intitulé "Les Nouvelles technologies dans la science-fiction", les principaux résultats de cette recherche. On a pu constater que l’art et la littérature font partie intégrante de l’exploration spatiale depuis ses débuts. Mais ils jouent aussi un rôle capital dans son développement. […] Durant les cinquante dernières années d’exploration spatiale, les artistes ont aidé ces professionnels de l’espace à visualiser leurs plans et leurs projets et à donner forme aux technologies qu’ils élaborent. (Le projet ITSF, 2002)


Axe II - L’apport critique de la science-fiction : La science-fiction a eu pour ambition de faire place dans la littérature aux sensations d'émerveillement nées du développement de la réflexion scientifique comme de la science et de la technique, chez Jules Verne, ou Rosny aîné. Elle est aussi devenue le support d'une réflexion sur les développements de ces techniques et de ce savoir : il n'est que de lire HG Wells et Huxley pour s'en persuader. (Bozzetto, 2000: 3) Une sévère attitude critique et une angoisse grandissante marquent de plus en plus la littérature de science-fiction en s’attardant sur les conséquences possibles d’un progrès aliénant et d’une science déshumanisante. Les différentes crises qui ébranlent le monde moderne font balayer les dernières certitudes et confirment l’opinion générale dans ses soupçons : le progrès est fragile.


La littérature interroge d’un côté la connaissance scientifique dans le contexte plus étendu de la pensée humaine et renvoie, de l’autre, le scientifique à sa propre image, apportant la critique là où manque l’autocritique. "Ainsi apparaît le caractère quasi magique d’une littérature, qui, nourrie des inventions et des découvertes, devient à la fois l’écho de la crise qu’elles suscitent, et le moyen d’en conjurer les imprévisibles conséquences" (Christian Grenier, 1994: 40).
Dans une double attitude épistémologique et critique, l’auteur de science-fiction parvient à réunir, dans un même espace narratif, des disciplines que l’organisation académique tend sévèrement à séparer.


Les propositions de communication, de 500 à 600 mots, sont à envoyer au comité organisateur jusqu’au 01 août 2016 à l’adresse suivante : "Iseah Z"


 Elles devront faire figurer en préambule une courte biographie (comprenant vos nom, prénom, adresse email, laboratoire ou UR s’il en existe, champ disciplinaire et université d’origine).
 
Comité scientifique
Pr. Roger Bozzetto (Professeur Emérite, Aix-en-Provence)
Pr. Samir Marzouki (Professeur, Université de Manouba)
Pr. Irène Langlet (Professeur, Université de Limoges)
Pr. Sonia Zlitni-Fitouri (Professeur, Université de Tunis)
Pr. Danièle André (Professeur, Université de La Rochelle)
Pr. Hbib Salha (Professeur, Université de Manouba)  

commentaires

Une histoire du regard est-elle possible ? Le cinéma au cœur de la "culture visuelle"

Publié le 9 Juillet 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications, Appel à communications

Une histoire du regard est-elle possible ? Le cinéma au cœur de la "culture visuelle"

Une histoire du regard est-elle possible ? Le cinéma au cœur de la "culture visuelle"


« Un nouvel organe humain s’est développé », écrivait Béla Balázs en 1930 : c’est le cinéma. Grâce à lui, on ne regarde déjà plus le monde comme on le regardait avant que les gros plans, les travellings et le montage le re-présentent d’une autre façon. Bientôt, il faudrait l’ajouter à la liste des « oculistes » dressée par Marcel Proust, ces grands peintres dont la touche forme notre œil et nous amène insensiblement à apprécier ce qui naguère nous semblait trop banal pour être même remarqué ou trop confus pour être contemplé. Sans parler des dispositifs qui, hors l’art, offrent eux aussi des points de vue nouveaux : Walter Benjamin pourrait ainsi reprendre à son compte, en 1936, l’affirmation du psychologue Henri Wallon selon laquelle « l’usage de l’avion a inéluctablement modifié notre manière de voir ». Est-ce à dire que le regard est quelque chose qui se change aussi facilement, et dont on pourrait par conséquent faire l’histoire sans trop de problèmes ? Le Zeitgeist comprend-il donc toujours une nouvelle paire de lunettes ?... Ou faut-il s’abstenir de prendre toutes ces assertions au pied de la lettre ?
La « culture visuelle » et les Visual Studies qui se consacrent officiellement à elle ont le vent en poupe. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes épistémologiques, puisque d’autres disciplines occupent déjà le terrain – en ordre dispersé : l’histoire de l’art et celle des publics, l’anthropologie, l’esthétique et l’iconologie, les sciences de l’information et de la communication, la sociologie de la réception, les Media Studies, les Cultural Studies et bien d’autres... Toutes proposent déjà des outils et des études à même de modéliser une éventuelle histoire du regard, mais cela ne signifie pas que la tâche est facile, loin de là. En outre, le champ est gigantesque ; aussi ce colloque se limitera- t-il aux changements éventuellement provoqués dans le regard par le cinéma.


Axes
- Histoire des styles
- Variations d’interprétations
- Jugements de goût d’une époque à l’autre
- Intermédialité


* Sur quoi faut-il se baser pour déterminer ce qu’est un regard ? De qui est-ce le regard,
d’ailleurs, et comment délimiter la collectivité qui le partage ? Par l’appartenance à une époque, à une nation, un sexe, un genre, une couleur de peau, une communauté ?


* En quoi les « études cinématographiques et audiovisuelles » peuvent-elles être utiles pour répondre à ces questions ? En quoi les autres disciplines sont-elles également bien placées pour ce faire ?


Les propositions de communication (1500 signes, en français et en anglais), réflexions théoriques et/ou méthodologiques aussi bien qu’études de cas précises, sont attendues sans distinction de discipline ; et les propositions interdisciplinaires, compte tenu de l’objet à étudier, sont évidemment les bienvenues. Joindre une courte biographie de l’auteur.e de la proposition. 

Les propositions sont à envoyer avant le 1er août 2016 à l’adresse :

histoire.du.regard@gmail.com

commentaires

Quêtes littéraires n°6 : "Hybride(s)"

Publié le 3 Juillet 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications

Quêtes littéraires n°6 : "Hybride(s)"

Appel à contribution
Quêtes littéraires n°6 : "Hybride(s)"


Dans le sixième numéro de Quêtes littéraires nous souhaitons interroger la place exceptionnelle qu’occupe dans les œuvres littéraires la notion de l’hybride. Étymologiquement, le terme « hybridité » vient du latin ibrida, « bâtard, de sangs mêlés », devenu hybrida par rapprochement avec le grec ὕβρις, húbris, signifiant « excès, violence, démesure ». Issu du domaine des sciences naturelles, « le terme d’hybridation s’applique à une opération de croisement, dans le but d’exploiter certaines qualités appartenant à des espèces, des races, ou même, dans une acception plus large, à des variétés ou à des individus différents (Encyclopédie Universalis, 2016).
Emprunté très rapidement par les domaines artistiques et littéraires, le processus de l’hybridation perturbe l’interprétation de l’identité des œuvres. Il entraîne un effacement, voire éclatement des frontières qui séparent différentes formes d’expression, en créant ainsi la possibilité de leurs échanges, confrontations, ou, finalement, croisements. Il permet un enrichissement permanent des modes d’expression, un glissement d’un mode à l’autre et, finalement, il provoque la contamination d’une forme pure dont l’existence devient menacée. Or, peut-on encore trouver une forme pure à l’époque où les concepts dominants du paysage littéraire sont ceux de transgression et de subversion ?
Par cette invitation nous espérons, d’un côté, donner un apport intéressant à différentes recherches littéraires qui ont eu et ont toujours lieu dans le cadre des littératures française et francophone et, d’un autre côté, envisager la question dans toute sa diversité.
 
Sans vouloir prétendre à l’exhaustivité, nous proposons quelques axes de recherche :
l’hybridité générique : abolition des genres, les combinaisons/croisements possibles entre poésie, roman, théâtre, reportage, bande dessinée ; 
le dialogisme, la polyphonie : intertextualité, réécriture, exploitation d’un mythe, parodie, pastiche ;
l’hybridité du temps et de l’espace : coexistence, voire union de plusieurs strates temporelles ou/et spatiales ;
 l’hybridité de l’identité : figure du métis, de l’exilé, quête d’une identité morcelée et troublée ;
 l’hybridité picturale, musicale : coexistence au sein d’un même texte de moyens d’expression différents.
 
Calendrier
La date limite pour l’envoi de la proposition (titre + résumé d’environ 300 mots) est
le 15 juillet 2016, à l’adresse: quetes-litteraires@kul.pl
Les propositions seront examinées par un comité de lecture.
Les auteurs des propositions seront avisés avant le 20 juillet 2016.
Les normes de rédaction seront envoyées après l’acceptation de la proposition par le comité de lecture.
Langue des contributions : français.
Volume : 25 000 signes, notes et espaces compris.
Délai pour l’envoi des articles : le 15 octobre 2016.
 
La publication des contributions est prévue en décembre 2016 dans le cadre de la série Quêtes littéraires initiée par la Chaire des Cultures et Littératures Romanes de l’Institut de Philologie Romane de l’Université Catholique de Lublin Jean-Paul II.

Comité scientifique de la série Quêtes littéraires :
José-Luis Diaz (Université Paris VII)
Gérard Gengembre (Université de Caen)
Georges Jacques (Université Catholique de Louvain-la-Neuve)
Edyta Kociubińska (Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła II)
Wiesław Malinowski (Uniwersytet im. Adama Mickiewicza, Poznań)
Bertrand Marchal (Université Paris IV)
Paweł Matyaszewski (Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła II)
Zbigniew Naliwajek (Uniwersytet Warszawski)
Judyta Niedokos (Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła II)
Daniel Sangsue (Université de Neuchâtel)
Gisèle Séginger (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)
Magdalena Wandzioch (Uniwersytet Śląski)
 
Contact pour envoi des résumés et pour toutes informations :
Rédactrices de la série Quêtes littéraires 
Edyta Kociubińska et Judyta Niedokos 

On a tous...

Un livre qu’on a lu tout petit,
Un poème qui nous accompagne,
Une pièce de théâtre qu’on veut revoir,
Un roman qu’on a jadis abandonné, mais qu’on aime maintenant,
Un personnage qui habite notre mémoire,
Un auteur à qui on aimerait poser quelques questions,
Une quête littéraire à mener...

commentaires

Poétiques de l'illusion : marionnette contemporaine et magie nouvelle

Publié le 26 Mars 2016 par Anaïs BERNARD dans appel a communications

Poétiques de l'illusion : marionnette contemporaine et magie nouvelle

POÉTIQUES DE L'ILLUSION
Espaces de création et de circulation entre la marionnette contemporaine et la magie nouvelle


RENCONTRES NATIONALES THEMAA
du 3 au 5 Novembre 2016
Académie Fratellini (Saint-Denis) / Le Mouffetard - Théâtre des arts de la Marionnette (Paris) / Autres lieux en cours de confirmation


Tous les trois ans, THEMAA – association nationale des Théâtres de Marionnette et des Arts Associés - organise des Rencontres Nationales qui interrogent la connivence des arts de la marionnette avec un autre champ disciplinaire. Ces rencontres se fondent sur l’idée que la marionnette est au carrefour des arts et que la création contemporaine continue à développer et à approfondir hybridations et passerelles avec l’ensemble des arts voire avec d’autres disciplines, scientifiques par exemple.


Pour cette nouvelle édition, nous proposons aux participants d’explorer la thématique de l’illusion, faisant écho au développement du mouvement de la magie nouvelle.
 
Arts de la magie et arts de la marionnette, croisant les héritages du rituel et des arts populaires, partagent une même histoire, de la statuaire animée de l’Antiquité aux entrepreneurs de “marionnettes et physique amusante” des spectacles de curiosités du XIXe siècle, en passant par les automates de Vaucanson ou les machines de Robertson. Le savoir-faire ainsi accumulé a souvent donné lieu à une production livresque, et aujourd’hui audiovisuelle, qu’il serait intéressant, d’une part, de mettre à jour, d’autre part, d’explorer sous des angles esthétiques, dramaturgiques et idéologiques.
De plus, la marionnette contemporaine, art de l’illusion consentie, fonde son écriture sur le jeu du passage de l’inanimé à l’animé pour créer des effets de présence ; la magie nouvelle quant à elle s’affranchit des canons de l’illusionnisme, jouant avec le fonctionnement des perceptions humaines, pour produire une émotion esthétique liée au détournement du réel. Si les deux disciplines proposent un pacte très différent à leurs spectateurs, les manifestations récentes de ces deux arts qui explorent la représentation de l’impossible les constituent, sans nul doute, comme un terrain particulièrement propice à questionner, voire à bouleverser, notre rapport au réel.
 
À l’occasion de ces rencontres interdisciplinaires, artistes, chercheurs, étudiants en arts, philosophie, sociologie, anthropologie, ethnoscénologie, histoire, sciences cognitives, physique, chimie ou mécanique, mais aussi artistes et autres acteurs du monde professionnel, sont donc conviés à partager leurs recherches et réflexions sur les enjeux techniques, esthétiques, dramaturgiques, anthropologiques, cognitifs voire économiques et politiques associés à la représentation de l’impossible.
 


Voici quelques-unes des questions (non exclusives) qui pourront être examinées.
 
 ❖Histoire, fondements conceptuels et incidences politiques
Histoire de la marionnette et histoire de la magie croisent des notions et des pratiques communes : ombre, reflet, projection, fantasmagorie, trucages, passage du rituel (vaudou, palo monte et autres formes de chamanisme) au divertissement avant de devenir espace de création artistique…
Après avoir longtemps partagé le plateau des cabarets parisiens jusqu’à la première moitié du XXe siècle, certains praticiens de ces deux arts ont progressivement abandonné le principe du numéro et la surenchère dans la virtuosité pour explorer de nouvelles dramaturgies.
>> Quel est l’apport spécifique de l’effigie dans les pratiques magiques rituelles ?
>> Comment magie et marionnette - dans leurs formes rituelles originelles, puis dans leurs déclinaisons spectaculaires - se sont-elles positionnées face aux interdits dans les processus de figuration ? (par exemple : iconoclasme, tabou du sang au théâtre etc.)
>> Comment arts de la marionnette et arts de la magie (mentalisme en particulier) élaborent-ils des dramaturgies qui interrogent leur propre mode de production et de fonctionnement en tant que métaphore du rapport de l’individu au monde ou du citoyen à la société ? (êtres manipulés, manipulables, manipulant, illusions volontaires, homme augmenté, contestation des représentations dominantes de l’être humain).
>> On pourra également proposer des études historiques précises sur les cas de convergence des arts de la marionnette et de la magie, ou une approche diachronique problématisée.
 
 
❖Représentations de l’impossible : esthétiques, techniques et dramaturgies 

Se pencher sur l’illusion dans les arts de la marionnette et de la magie interroge trois notions :
 1. L’objet visible ou invisible occupe une place centrale dans les effets d’illusion, qu’il soit investi en tant qu’actant ou qu’il constitue un aménagement fonctionnel au sein d’une scénographie.
>> Quels sont les éléments matériels constitutifs de la création d’une illusion ?
>> La rencontre entre marionnettistes et magiciens ouvre-t-elle de nouveaux possibles pour la manipulation des  espaces et de la matière ?
 2. La fabrique de l’inquiétante étrangeté. S’appuyant sur le cas de la marionnette, à travers une analyse de L’Homme au sable de Hoffmann, mais aussi sur celui du spectacle de magie, Jenstch se penche sur la notion d’inquiétante étrangeté en définissant, avant tout, une émotion, naissant du doute que suscite l’animation d’un objet inanimé, ou l’inexplicable immobilité d’un objet vivant. L’illusion a ceci de particulier qu’elle permet de nous mettre en présence de réalités imaginaires, virtuelles ou fictives. En effet, à  l’inverse de l’effet spécial cinématographique, la marionnette, incarnation (presque) vivante de l’image, et la magie, célébration de l’irréel, prennent place dans l’espace concret de la rue, du plateau.
>> Comment s’articulent l’espace métaphorique créé au plateau et le réel de l’espace de représentation ?  
>> Quelles sont les techniques qui permettent de représenter les « non-humains » (divinités, esprits, fantômes, âmes...), les mondes imaginaires ?
>> Peut-on définir une émotion esthétique commune à la magie et à la marionnette ?
>> De quelle nature est le pacte conclu entre le spectateur et le performer ?
>> Comment expliquer le sentiment que provoque la confrontation à l’illusion, qu’elle soit consentie ou subie, rationnelle ou inexpliquée ?
>> Quels sont les processus cognitifs qui rendent possible l’illusion (dissuasion de l’appareil perceptif, dissonance cognitive...) ?
>> Comment marionnettistes et magiciens jouent-ils des représentations que le public se fait de leur art ?
>> Quels rapports magie et marionnette entretiennent-elles avec l’illusion réaliste ? (quête ou rejet, inspiration ou contre-modèle) ?
 3. La dramaturgie. Dans leurs manifestations contemporaines, les deux disciplines - arts de la marionnette et magie - se caractérisent par une recherche centrée sur le renouvellement des écritures scéniques.
>> Comment le fonctionnement de l’illusion est-il pris en compte dans les écritures contemporaines et quel propos le travail sur l’“inquiétante étrangeté” cherche-t-il à servir aujourd’hui ?
>> Quels sont les codes qui guident les approches de la représentation ? (travail sur les temporalités, l’espace, effets de continuité ou de rupture, jeux d’échelles etc.)
>> Qu’implique le choix entre la force du simulacre, la puissance de l’illusion consentie et l’étrangeté du détournement du réel dans le réel ? Le texte a-t-il un statut particulier ?
>> Quel rapport à l’objet physique, visuel, textuel et/ou sonore dans la construction dramatique des spectacles ?
 
 
Pour participer
 
Formats
Plusieurs formes de propositions sont possibles pour ces rencontres nationales.
1/ Témoignage, partage d’expériences : paroles d’artistes, de journalistes, d’acteurs culturels...
2/ Communication scientifique
3/ Démonstration pour mise en débat : conférence manipulée, performative, ateliers
 
Merci de préciser dans votre réponse la forme choisie et d’envoyer un texte précisant :
- le sujet de votre intervention en 3.000 signes maximum.
- un présentation de votre parcours, de vos publications et/ou un dossier de présentation de vos projets de spectacles ou de recherches en lien avec le sujet que vous souhaitez aborder.
Pour le 3e format, merci de préciser en complément :
- la forme que prendrait la démonstration : mini-conférence, atelier, performance participative, installation…
- la mise en espace que vous imaginez (fiche technique)
 
On prêtera particulièrement attention aux propositions produisant de nouvelles ressources documentaires et/ou pouvant contribuer au développement de la formation artistique.
 
Votre proposition est à renvoyer par mail
avant le 10 avril à l’adresse suivante :
contact@themaa-marionnettes.com
 
Comité de pilotage
Brice Berthoud, Denis Bonnetier, Solène Briquet, Thierry Collet, Isabelle Drubigny, Julie Postel, Eloi Recoing, Etienne Saglio, Cyril Thomas, Isabelle Bertola, Morgan Dussart, Stéphane Simonin, Valérie Fratellini
Coordinateurs artistiques et scientifiques : Raphaèle Fleury, Hubert Jégat, Valentine Losseau, Raphaël Navarro.
Coordination générale THEMAA : Emmanuelle Castang, Claire Duchez, Juliette Thibault
 
Les Rencontres nationales sont organisées par THEMAA  en partenariat avec HorsLesMurs/Stradda, CIRCA, le Mouffetard - Théâtre des arts de la Marionnette, l’Académie Fratellini et la chaire ICiMa portée par l’Institut international de la marionnette (IIM) et le Centre national des Arts du Cirque (CNAC). Autres partenariats en cours. 

commentaires
1 2 3 4 5 6 7 > >>