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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

Les Arts Immersifs

Publié le 8 Juillet 2013 par Anaïs BERNARD in evenement

Les Arts Immersifs

Colloque

Les Arts Immersifs

25 & 26 Juin 2014

Amphithéâtre Cuenot,

Musée Aquarium de Nancy.

 

http://leblogducorps.over-blog.com
http://corpsenimmersion.overblog.com

 

La présence du corps dans l’œuvre ne doit pas être confondue avec les effets de cette présence (Feral, éd., 2012) dans le corps lui-même. Si les arts numériques ont été les premiers à fondre le participant dans le dispositif par l’interaction avec des interfaces, les arts immersifs (Bernas ; Bouko eds., 2012) accomplissent un engagement corporel supplémentaire : l’immersion sollicite la profondeur du corps en l’activant par empathie, extase et vertige (Andrieu, 2014), parfois malgré la conscience et la volonté, tandis que l’art numérique maintient l’interface physique comme le moyen spatial de faire produire l’œuvre par le corps de l’artiste ou du spectateur.

Les arts numériques restent un art du corps conscient qui joue de l’image par l’interface du corps physique avec des avatars qui le déplacent dans le réseau. Ils ne présentent pas d’intérêt pour l’expérience corporelle que s’ils peuvent, comme dans nombre de dispositifs, toucher l’inconnu du sujet, spect-acteur et artiste, comme les images interactives des jeux vidéo (Perény, 2013)

 Les arts immersifs apparaissent dès lors comme des dispositifs expérientiels (Boellstorff, 2013) où le rapport frontal entre l’œuvre et le spectateur est exclus, impliquant d’avantage un positionnement central de l’individu dans le dispositif. Ce dernier passe donc de spectateur passif à un participant actif, ou plus spécifiquement un immersant éprouvant le sentiment de présence de l’avatar (Depraz, 2012)

L’art de s’immerger (Andrieu éd., 2014) implique un passage de l’immersion jusqu’à l’incorporation (Calleja, 2011) : le corps est modifié de l’intérieur moins dans une mutation que dans un mouvement du vivant dans notre corps.

A travers 4 axes, nous nous attachons à décrire ce qui émerge des corps immergés à travers des dispositifs volontaires mais aussi grâce à des émersions involontaires dans le corps de sensations, d’impressions, d’affects et d’images.

 

Dispositifs Artistiques : Interactions et hybridations  (avec Edmond Couchot, Anaïs Bernard, Bernard Lafargue, Claire Lahuerta, Yann Minh, Marc Veyrat, Jacques Ibanez Bueno, Ghislaine Chabert, Roland Huesca, …)

            L’art n’est pas en marge de ce phénomène d’immersion, bien au contraire, et propose à travers différents dispositifs de redéfinir la place du participant. Les procédés mis en place par les artistes ont pour but de (re)créer une sensation, parfois un sentiment, d’enveloppement et d’enfouissement permettant de solliciter une vision périphérique où l’environnement se déploie autour de l’immersant en mouvement. Ainsi, le point de vue se voit constamment modifier, entre monde fictionnel et espace tangible, l’individu se voit plonger dans une représentation où l’immersion tant physique que cognitive, l’invite à devenir partie intégrante de l’œuvre.

 

Jeux Vidéos & Environnements Persistants (Avec Etienne Armand Amato, Fredéric Lebas, Etienne Perény, Claire Sistach, Lucile Haute, Olivier Servais, Greg Dhyen, …)

            La relation entre notre sphère immatérielle (avatar, mondes persistants) et notre sphère matérielle (corps biologique, monde sensible) permet un véritable jeu spirituel de mise en abyme rendu possible par la dimension informationnelle qui compose ces deux sphères. Les environnements persistants apparaissent dès lors comme des tentatives de représentation « réaliste » d’un univers imaginaire qui permettent à l’individu et à sa marionnette de pixels, à qui il peut s’identifier suivant différents degrés, de ressentir des sensations et des affects lui consentant une plus grande immersion dans la virtualité.

 

Milieux Ecologiques (avec Olivier Sirost, Marie Luce Gélard, Fatia Djémani, Xavier Boisserie, Françoise Lejeune, …)

            Le corps pourrait paraître comme second, surface, simple signe ou encore support, mais c’est sans compter sur son vécu des éléments vivants et sa matérialité qu’il est alors possible de l’activer. Si notre conscience au monde n’est pas volontaire, elle ne nous empêche pas de nous manifester et de nous affirmer comme tel par le mouvement dans notre milieu. Notre environnement acte notre corps comme extension de notre propre schéma, cherchant à le modifier et à redéfinir la notion même d’être humain.

 

Emersions sensorielles (avec Bernard Andrieu, Laurent Bougrain, Sylvie Mexico, Greg Hainges, Jeremy Frey, Carole Hoffmann, …)

            L’intérêt pour l’immersion sensorielle n’est pas sans rapport avec notre quête de nouvelles expériences et sensations s’inscrivant dans le développement même des nouvelles technologies. Se trouver implémenter c’est à la fois se trouver dans des  situations, dispositifs et moments et trouver en soi parmi les autres une expérience inédite d’immersion sensorielle. L’immersion est-elle un moyen de nous trouver, de découvrir les limites non seulement de notre corps mais de notre sensibilité dans l’épreuve même que nous traversons ?

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