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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

Immersion de Aella - Fatia Djemani

Publié le 25 Septembre 2013 par Anaïs BERNARD in exposit

Immersion de Aella - Fatia Djemani

 

Exposition du 1er au 12 octobre 2013

Vernissage le jeudi 3 octobre 2013 de 18h à 21h

 

Fortement impressionnée par une rencontre en 2006 avec le couple de photographes René et Radka lors d'une prise de vue subaquatique, j'ai réalisé ma première immersion photographique en 2006 dans une eau à 4°C. Je n'avais jusqu'alors jamais fait l'expérience du potentiel invasif du froid, celui qui dissout la conscience du corps dans l'élément liquide et par lequel nous pouvons atteindre un état liminal. En immersion face à l'objectif fixe d'un appareil photographique, j'éprouvais la sensation de vivre physiquement l'image, en une extension de mon regard qui ne pouvait s'appréhender que dans l'expérience du corps vécu.


Je mène l'expérience immersive à l'extrême des possibilités du corps : lorsqu'elle atteint le dépassement de nos limites et tend à affecter par un état psychique ou esthétique ce qui fait en nous racine d'humanité. À un certain stade de notre vie utérine, notre structure externe présente des fentes branchiales et l'ébauche de nos membres ressemble à des nageoires. C'est l'attention portée à cette ressemblance perdue, et aux réminiscences de notre mémoire fossile, qui m'a orientée vers des eaux troubles dont l'atmosphère évoque tantôt un espace intra-utérin tantôt un tombeau élémentaire.


La catabase aquatique est "un voyage au bout des possibles de l'homme" (Georges Bataille), une expérience intérieure qui nous mène vers un état supérieur de conscience à partir duquel nous pouvons faire l'expérience d'identités innombrables. Si la fiction par l'expérience immersive ne me permet pas de retrouver ou de réintégrer un état ou un corps proche de l'origine, elle me permet néanmoins de le recréer et d'inventer une nouvelle généalogie. il convient alors de s'abandonner et de faire de ce champ de l'impossible vivant, une expérience du vivant. 


Nul ne s'y retrouve qu'il ne s'y soit perdu d'abord (andré Gide).

 

 

La Galerie du Crous de Paris

11 rue des Beaux-arts,
75006 Paris
01 43 54 10 99g
alerie@crous-paris.fr
du lundi au samedi de 11h à 19h

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