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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

Thêta Fantômes

Publié le 6 Septembre 2017 par Anaïs BERNARD in artiste, expériences

Thêta Fantômes

Thêta Fantômes est un nouveau type de croisement multimédia entre le jeu (vidéo), la création artistique et la recherche scientifique dans le domaine de la neuroscience. Depuis plusieurs années, les artistes Jenny Pickett et Julien Ottavi du collectif nantais Apo33, sont impliqués dans une recherche artistique qui permet de développer de nouvelles écritures numériques à la pointe des recherches les plus actuelles du genre (Robotique, réseau, transmission web, création interactive et immersive…), Thêta Fantômes est une création artistique qui résulte de ces recherches et notamment sur ces questions d’interdisciplinarités et de recherche multimédia. Nous proposons avec Thêta Fantômes de faire disparaître le performeur de la situation de jeu “physique” avec la matière et d’utiliser les ondes cérébrales pour produire du son et manipuler du visuel. Thêta Fantômes demande au performeur ( le joueur), qui peut-être une personne du public, un certain niveau de concentration pour maîtriser la composition sonore et visuelle de Thêta Fantômes.


Floss+Art+Game – Ondes cérébrales et bataille de fréquences


Le projet
Les ondes cérébrales et la recherche en neuroscience font l’objet depuis plusieurs décennies d’un fantasme qui dépasse son champ réel d’exploration sur la nature humaine. Nous avons pu découvrir les fréquences émises par notre cerveau (générateur électrique de faible puissance) et les transformer en informations numériques quantifiables pour tenter d’expliquer son fonctionnement. Si cela fonctionne d’un point de vue mécanique, électrique, il en est tout autre chose du point de vue du fonctionnement de la conscience et de l’inconscient de l’humain. Dans le projet Thêta (type d’ondes produites par le cerveau), il ne s’agit pas d’expliquer le fonctionnement du cerveau mais plutôt de détourner les outils utilisés dans ce domaine pour initier de nouvelles conceptions artistiques utilisant les signaux électriques du cerveau pour créer des croisements entre les domaines du jeu et de mix-média regroupés au sein d’une performance. Comme dans la pièce d’Alvin Lucier “Music for solo performer” – pour ensemble de percussions joué en temps réel par l’activation de modules électromécaniques reliés aux modulations des activités cérébrales de l’interprète, le collectif Apo33 propose avec Thêta Fantômes de retirer le performeur de la situation de jeu “physique” avec la matière mais d’utiliser les ondes de son cerveau pour produire du son et manipuler du visuel. Thêta Fantômes demande au performeur, qui peut être aussi une personne du public, un certain niveau de concentration pour maîtriser la composition sonore et visuelle mise en place.


La notion de Jeu
Thêta fantômes intègre une partie “gaming” (jeu) qui permet à des participants du public d’interagir avec l’oeuvre. Le jeu n’est pas conçu comme un espace de défoulement ou de loisirs mais plutôt comme une possibilité de construire une composition en forme d’étapes à atteindre. Il s’agit pour le joueur (participant) d’arriver à atteindre un état de plénitude et d’entretenir les ondes thêta de son cerveau. Celles-ci font parties des ondes produites par le cerveau quand nous sommes endormis ou en état de méditation. Quand l’un des joueurs (la partie / composition devrait pouvoir fonctionner de 2 à 4 joueurs) atteint l’un de ces niveaux : le son et le visuel changent et complexifient les strates sonores tout en créant une cartographie visuel de possibles connections neuronales. Cette visualisation n’est pas formelle mais plutôt une suggestion, créé à base de connection 3D, elle se construits comme un métabolisme cellulaire esthétique et non pas comme une modélisation. Dans le pré-projet nous avons pour l’instant pensé à 4 étapes (niveaux), cette partie pourra être modifié dans les étapes de résidences-recherche, elle se constitue comme des paliers :
- Palier 1 : État chaotique (pensée dispersée, sonorité et visuel confus)
- Palier 2 : État transitoire (un état plus calme, les fréquences sont plus douces, le visuel ralenti)
- Palier 3 : État stable (tout devient plus droit, les sons se stabilisent, moins de mouvement)
- Palier 4 : État d’extase (Les ondes thêta viennent d’être atteintes, semi-somnolence, calme, état second, léger battement, transcendance et extase)


Dans Thêta Fantômes, il n’y a pas de gagnant ou de perdant, car ce qui prime est d’arriver à la fois au dernier palier tout en prenant en compte la composition sonore et le changement dans le visuel. Ce qui commence à se dessiner pour nous, c’est aussi cette notion d’atteindre ces paliers de façon collective, les deux ou quatre joueurs doivent tous atteindre ces étapes pour avancer dans les niveaux supérieurs et transformer le visuel et le sonore issue de ces paliers. Les règles du jeu de Thêta Fantômes ne doivent pas non plus être trop complexes, en ce sens qu’elles ne doivent pas être en contradiction avec la stabilisation d’un état chaotique vers un état de calme et d’extase. Nous sommes dans un jeu qui se doit d’être aussi une expérience esthétique, où le son n’est pas seulement démonstratif d’un phénomène mais atteint le musical, la sculpture et où le visuel n’est pas une visualisation de donnée ou une modélisation mais bien une expérience presque cinématographique sans narration, un film en mouvement, synthétique et basé sur l’expérimentation de matière numérique.


Avec le soutien du DICAM – Drac Pays de La Loire

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