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Corps en Immersion

Une actualité dans les arts et les sciences à travers les corps pluriels.

La fabrication des corps au 21e siècle : Éduquer, soigner, augmenter, identifie

Publié le 13 Mars 2017 par Anaïs BERNARD in appel a communications

La fabrication des corps au 21e siècle : Éduquer, soigner, augmenter, identifie

Co-organisée par le laboratoire Lorrain de Sciences Sociales de l’Université de Lorraine (2L2S) et par la société d’émulation des Vosges (SEV), la deuxième édition du Festival International de Sociologie (FISO) a choisi de se saisir d’une autre importante question posée par Marcel Mauss dès 1934 et aujourd’hui remise au cœur des débats sociaux, politiques et scientifiques : celle du corps. Lieu de projection des normes et des valeurs façonnant une société dans une époque donnée, mais aussi, instrument par lequel être au monde et y agir, le corps constitue, en effet, un excellent analyseur du « social » (Bourdieu, 1980 ; Berthelot, 1988 ; Détrez, 2002 ; Fassin et Memmi, 2004). La multiplication des parutions et des manifestations scientifiques prenant le corps pour objet témoigne – s’il en était besoin – de la vitalité de la notion et de la vivacité des réflexions qu’elle suscite.


Mais la question du corps n’est pas seulement l’affaire des scientifiques. Elle est aussi celle des citoyens : le « corps est politique » comme nous l’ont tôt enseigné les mouvements féministes et il est aujourd’hui l’objet d’une dynamique de repolitisation tout à fait particulière. D’un côté, il devient un critère d’accès à des droits sociaux ou politiques fondamentaux (Fassin, 2010). Exposer son corps pour en montrer la « bonne tenue » ou les failles, en vue d’accéder à des aides sociales ou à des prestations compensant la perte d’autonomie, se soumettre à des procédures de mesure corporelle permettant d’apprécier l’âge, les états de santé psychique ou physique dans le cas des politiques migratoires contemporaines : les exemples sont légion. De l’autre, il est aussi utilisé pour défendre des visions tout à fait particulières de ce qu’est « l’humain » et de la manière dont il doit se (re)produire, se soigner, se réparer, s’améliorer ou mourir. C’est, en effet, au nom de la protection d’un corps « naturel » (dont la teneur est peu questionnée) que plusieurs mouvements sociaux, culturels et politiques agissent dans l’espace public en proposant des « bonnes manières » de concevoir et de faire naître les enfants, de recourir aux technologies de « réparation » du vivant ou à celles le faisant mourir (cf. les débats sur les nouvelles technologies de reproduction, sur l’utilisation des nanotechnologies, sur la fin de vie, etc.).


Ces débats superposent deux oppositions distinctes au cœur des réflexions que le FISO 2017 souhaite susciter : d’une part, une opposition entre un corps « naturel » et des cultures qui l’altèreraient ou le bonifieraient (par l’alimentation, les amputations, les marquages, les formes de travail, les soins, le sport, etc.) et se trouveraient hiérarchisées selon les complétions ou altérations corporelles ainsi induites ; d’autre part, une opposition entre le « corps naturel » et des « technologies » censées priver les sociétés de « repères naturels ». Or, nombre d’anthropologues et de sociologues invitent à considérer les corps humains comme inachevés (Leroi-Gourhan, 1964 ; Remotti, 2003 ; Diasio, 2012). Ils proposent de regarder les pratiques sociales qui les perfectionnent, les gouvernent et leur donnent sens (Shilling 1993 ; Turner 1995 ; Vigarello, 2004 et 2014), ainsi que celles qui les humanisent depuis la conception (que l’on pense à toutes les techniques de procréation assistée / rites de fécondité) jusque dans la mort (qui est donné pour mort : arrêt du cœur, mort cérébrale…). Les paléontologues ont, par ailleurs, montré combien la question de l’« humanisation » était indissociablement liée à celle des techniques ayant libéré la main, permis une réduction de la mâchoire (qui n’avait plus pour objet de couper, déchiqueter, broyer) et une modification de la boite crânienne engendrant la parole. Lévi-Strauss (1952) a conforté cette idée en remettant en cause la distinction entre nature et culture : toute idée de nature est culturelle puisqu’elle est une catégorisation humaine et il n’existe pas d’humains plus « naturels » ou plus « culturels » que
d’autres. Dans les années 1990, Latour (1991), Warnier (1999), Ingold (2000) ou Descola (2016 [2005]) ont également proposé de nouveaux modèles d’analyse. Les débats opposant des technologies déshumanisantes à des corps dont la naturalité vacillerait nous semblent donc à déplacer.


Une des manières de dépasser cette opposition schématique naturalité (corporelle) et artificialité (technologique) consiste à partir des techniques d’éducation, de (re)dressement, de réparation ou d’augmentation des corps de manière large – en ne les limitant pas au périmètre des nouvelles technologies biomédicales (biométrie, nanotechnologie, génétique, etc.) – mais en les inscrivant dans l’ensemble plus large des techniques et des objets à travers lesquels nous devenons et nous restons « humains ». Depuis les techniques permettant l’acquisition et la préservation de certaines habiletés corporelles (façons de marcher, de se tenir, de parler, d’interagir, de se repérer dans le temps et l’espace), jusqu’à celles nous permettant de résister à des formes de déclassement ou d’animalisation à certains moments de la vie (maladie, fin de vie, etc.), en passant par les techniques nous permettant de nous plier aux codes de civilité ou d’assumer des positions sociales et économiques, valorisées dans un contexte donné à un moment donné. Pour stimuler la réflexion, nous proposons les axes suivants mais ils ne sont aucunement exhaustifs.

 

Soumission des résumés de communications Les propositions de communication prendront la forme d’un résumé de 3000 signes maximum (espace compris) en faisant figurer le titre de la communication, vos nom et prénom, votre appartenance institutionnelle et votre adresse email. Elles sont à envoyer à fiso2017-contact@univ-lorraine.fr avant le lundi 27 mars 2017.
Le texte final de la communication, d’une longueur maximale de 35 000 signes (espace compris), devra nous parvenir au plus tard le 15 septembre 2017 (les consignes de présentation vous seront adressées avec le retour de la réponse du comité scientifique) en vue d’une publication scientifique.
Il ne sera pas possible de communiquer ni de figurer dans le programme sans s’être inscrit et sans s’être acquitté des frais d’inscription fixés à 60 € pour les personnes titulaires (enseignants-chercheurs, chercheurs, autres salariés titulaires…) et à 30 € pour les personnes non titulaires (doctorants, ATER, vacataires, chômeurs…). Ces frais couvriront une partie des dépenses liées à l’organisation du festival, dont les frais de restauration du midi qui aura lieu sur place.
Il vous sera demandé de vous inscrire sur le site du festival (http://Festival.sociologie.univ-lorraine.fr) et de renvoyer votre règlement uniquement par chèque (à l’ordre de l’Agent comptable de l’Université de Lorraine) ou bon de commande avant le 15 septembre 2017 impérativement à :


Virginie Vathelet
Université de Lorraine – 2L2S
23, boulevard Albert 1er - Campus Lettres et Sciences Humaines
BP 13397
54 015 NANCY Cedex


Calendrier

  • Projet de communication (3000 signes): 27 mars 2017
  • Réponse du comité scientifique: 22 mai 2017
  • Bulletin d’inscription + règlement à retourner: 15 septembre 2017
  • Envoi des communications (35 000 signes): 15 septembre 2017
  • Dates du colloque scientifique: 18, 19, 20 et 21 octobre 2017
  • Dates du Festival international de Sociologie: 16 au 21 octobre 2017
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